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L’OMS fustige l’e-cigarette, Sovape répond

Dans un récent rapport entièrement consacré à l’e-cigarette, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire à boulets rouges sur la vape. Multipliant les contre-vérités, elle invite les États à la « réglementer strictement » et s'appuie, une fois encore, sur la théorie de « l’effet passerelle ». Une position que les associations, à commencer par Sovape, condamnent.

L’OMS fustige l’e-cigarette, Sovape répond

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié le 27 juillet son huitième rapport sur « l’épidémie mondiale de tabagisme » (en anglais). Se focalisant cette année sur « les nouveaux produits émergents du tabac », le document fustige l’e-cigarette avec une rare violence, assénant plusieurs contre-vérités. Tout au long de ses 212 pages, il ne cesse de mettre en garde les pays contre la vape, la décrivant dès l’en-tête comme « hautement addictive et pas sans risque ».

« Les e-cigarettes doivent être strictement réglementées afin d’assurer la protection maximale de la santé publique », préconisent les rapporteurs. Si le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, se félicite « de la baisse mondiale de la prévalence tabagique, passée de 22,7 % à 17,5 % en 15 ans », il ne l’attribue nullement au vapotage, bien au contraire. Selon lui, « les nouveaux produits émergents du tabac sont présentés de manière agressive comme des alternatives “plus saines” aux cigarettes conventionnelles, alors que leur impact est clair »

Les griefs de l’OMS contre la vape, autant de contre-vérités

Une fois encore, c’est le prétendu effet passerelle que brandit l’OMS pour justifier sa position. « Les enfants et les adolescents qui vapotent peuvent voir doubler le risque de fumer des cigarettes », précise ainsi le rapport, sans citer de source scientifique. À l’inverse, de nombreuses études indépendantes démontrent l’absence de risque accru de transition vers le tabagisme quotidien, auprès des adolescents qui ont essayé la vape. Mieux : une étude française portant sur 39 000 ados suggère que ceux qui ont vapoté au moins une fois sont à 38 % moins susceptibles de devenir des fumeurs quotidiens que ceux qui n’ont jamais essayé l’e-cigarette. Des dizaines d’autres études vont dans le même sens.

« 111 pays régulent déjà en partie la vape, indiquent les rapporteurs. 32 d’entre eux, soit 2,4 milliards d’individus, en interdisent la vente et les 79 autres ont adopté au moins une mesure législative afin de les réglementer. » L’OMS craint notamment que l’utilisation de l’e-cigarette dans les lieux publics où les cigarettes sont interdites ne conduise à « renormaliser le tabagisme ».

Dans la suite de son rapport, l’OMS résume une série de griefs à l’égard de la vape. Reprenons-les un par un, dans leur intégralité.

  • « L’inhalation de nicotine présente des risques d’addiction, y compris chez les enfants et les adolescents, affirment les rapporteurs. La nicotine aurait des effets délétères sur le développement de leur cerveau. » La confusion entre le tabagisme et la nicotine est un amalgame pourtant décrié par les associations provape. Le récent documentaire You don’t know nicotine montre qu’elle n’est pas si nocive, témoignages et études à l’appui, et que ce sont avant tout la combustion et les milliers de composants toxiques de la cigarette qui sont à l’origine des 8 millions de morts du tabac par an dans le monde.
  • Les arômes des e-liquides « augmentent l’appétence du produit et aident à cibler spécifiquement les enfants et les jeunes adultes », selon l’OMS. On sait, au contraire, que ce sont les e-liquides aromatisés qui présentent la plus grande efficacité pour des adultes désirant se sevrer du tabac.
  • « La cigarette électronique mime le tabagisme au point de le renormaliser », présument les rapporteurs. Là encore, de nombreuses études démontrent que d’un point de vue comportemental, le fait de reproduire la gestuelle du fumeur est primordiale dans le processus sevrage, comme ici dans la revue Santé Publique
  • « Les produits de la vape sont promus par l’industrie du tabac et d’autres industries connexes, à l’aide de méthodes de marketing bien connues, notamment pour cibler les jeunes », résume l’OMS. Si les géants du tabac ont désormais pénétré le marché, par le jeu d’acquisitions notamment, l’essentiel de la production et surtout les premiers développements autour de la vape se sont faits en toute indépendance par rapport à cette industrie.
  • « Vapoter a des effets négatifs sur le cœur tels qu’une augmentation du rythme cardiaque et de la pression sanguine, prétendent les rapporteurs. L’utilisation quotidienne d’une cigarette électronique accroîtrait les risques d’infarctus du myocarde. » Ce n’est pas la première fois que l’OMS s’appuie sur cette étude de Stanton Glantz, publiée dans le Journal of American Heart Association en 2019. Décriée pour sa méthodologie et ses conclusions, elle a pourtant fait l’objet d’un retrait officiel de la part de ses auteurs, dès février 2020.
  • « L’utilisation de l’e-cigarette est souvent combinée à la pratique du tabagisme, et non en tant que substitut, ce qui a des effets encore plus délétères que lors de l’utilisation d’un seul de ces deux produits », avance l’OMS. Une récente étude anglaise signée Public Health England démontre au contraire que la plupart des utilisateurs d’e-cigarettes (70 %) l’utilisant en guise de sevrage auraient arrêté de fumer.
  • « Les e-liquides posent problème car certains d’entre eux contiennent des éléments toxiques comme des aldéhydes », souligne l’OMS. Les agences nationales de sécurité sanitaire se sont pourtant penchées sur les produits de vape, à l’image de l’Anses, en France, qui a analysé plus de 33 000 références. Résultat : l’agence a publié la liste des mauvais élèves, qui reste très limitée : 0,06 % des e-liquides étudiés contiendraient des ingrédients interdits.
  • « Aux États-Unis, 60 personnes sont décédées lors de l’épidémie d’EVALI, maladie pulmonaire touchant exclusivement les vapoteurs et dont l’élément déclencheur n’a pas été définitivement déterminé », concluent les rapporteurs. Là encore, c’est un mensonge d’autant plus grave que le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a lui-même officiellement blanchi la vape dès novembre 2019. Ce sont des e-liquides frelatés, vendus au marché noir, qui étaient en cause dans cette épidémie.

Pour comprendre cette position aussi partisane de l’OMS, il faut chercher du côté du financement et des coauteurs de ce rapport. Celui-ci est en effet produit par Bloomberg Philanthropies, l’association du milliardaire Michael Bloomberg, qui use de ses prérogatives pour influer sur la politique sanitaire de nombreux pays, notamment les plus pauvres. Problème : le rapport de l’OMS est largement repris tel quel par les médias généralistes, comme ici Ouest-France, contribuant à propager la peur et la désinformation.

Sovape : « L’OMS se complaît dans l’hypocrisie »

Face à tant de contre-vérités, les acteurs qui militent en faveur de la « solution de sevrage la plus efficace, au moins 95 % moins nocive que la cigarette » se mobilisent. L’association Sovape a ainsi publié un communiqué virulent, dans lequel elle exprime son indignation

« Dans un rapport financé par Bloomberg Philanthropies, l’OMS diabolise le vapotage, qu’elle accuse de pervertir la jeunesse, de maladies mortelles et d’être le cheval de Troie de Big Tobacco, indique l’association. Ces allégations, toutes contredites par les faits et la science, effraient le public, les fumeurs, les vapoteurs et leur entourage. »

« L’OMS fait pression sur les autorités pour des réglementations les plus restrictives possibles, voire la prohibition du vapotage. Une mesure qu’elle n’a pourtant jamais recommandée pour le tabac », rappelle Sovape. Citant John Britton, professeur en épidémiologie à l’Université de Nottingham et coauteur de plusieurs rapports de Public Health England, l’association indique que « l’OMS ne comprend toujours pas la différence fondamentale entre la dépendance au tabac, qui tue des millions de personnes chaque année, et la dépendance à la nicotine, qui ne le fait pas. »

Pour Sovape, « l’OMS se complaît visiblement dans l’hypocrisie en recommandant l’utilisation de produits nicotinés médicaux pour traiter la dépendance au tabac, tout en préconisant l’interdiction des produits nicotinés grand public, qui font la même chose, mais en mieux ». Si l’association reconnaît l’importance de détourner les non-fumeurs, en particulier les enfants, de « tout produit nicotiné », elle réaffirme que « pour les plus d’un milliard de fumeurs de tabac dans le monde, les e-cigarettes font partie de la solution, pas du problème ».