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États-Unis : le vapotage en recul chez les mineurs

Une enquête montre qu’il y aurait 1,78 million de vapoteurs en moins, chez les mineurs américains, depuis 2019. Mais, si elle s'en félicite, la Food & Drug Administration (FDA) se déclare aussi « très préoccupée » par les 3,6 millions de jeunes de moins de 18 ans qui continuent à utiliser l’e-cigarette.

États-Unis : le vapotage en recul chez les mineurs

Les Centers for Disease Control (CDC) viennent de publier les résultats de l’enquête nationale sur le tabagisme des jeunes pour 2020. Des résultats spectaculaires. D’après ces données, en effet, les États-Unis compteraient aujourd’hui 1,78 million de vapoteurs de moins qu’en 2019 parmi les adolescents de 11 à 18 ans. Il y aurait ainsi 3,57 millions de mineurs qui vapotent en 2020, contre 5,35 millions l’année dernière.

Pour expliquer une telle baisse, même si le rapport ne s’y risque pas, on peut avancer plusieurs raisons. Il y a tout d’abord les conséquences de l’épidémie pulmonaire, liée à l’utilisation de produits frelatés issus du marché noir. Si les produits de vapotage vendus sur le circuit légal ont été disculpés dans cette affaire, leur image a été durablement écornée. Autre facteur : les décisions locales telles que l’interdiction des e-liquides aromatisés dans certains États américains.  

Encore trop de jeunes vapoteurs pour la FDA

Mais si la Food & Drug Administration (FDA) se félicite de la baisse du nombre de vappoteurs chez les mineurs, elle invite également à poursuivre les efforts. « Après deux ans d’augmentation inquiétante de la consommation de cigarette électronique chez les jeunes, la baisse globale significative de 2020 est encourageante, indique la FDA dans un communiqué. C’est une bonne nouvelle, mais la FDA reste très préoccupée par les 3,6 millions de jeunes américains qui continuent de vapoter et nous reconnaissons qu’il y a encore du travail pour réduire ce chiffre. »

Les preuves ont beau s’accumuler sur l’absence d’effet passerelle,  chez les jeunes, entre vapotage et cigarettes combustibles, la FDA continue de faire de la protection du jeune public une priorité absolue. Pourtant, des études ont montré que la prohibition était totalement contre-productive et contribuait à augmenter fortement le tabagisme.

Que les choses soient claires : nous n’encourageons pas l’utilisation de l’e-cigarette par les mineurs. En France, sa vente est d’ailleurs interdite par l’article L3513-5 du Code de santé publique. Mais lorsque la lutte contre le vapotage chez les jeunes se traduit par des mesures de restriction pour l’ensemble de la population, au mépris des résultats salués par la communauté scientifique, il y a de quoi être circonspect. 

D’autres enquêtes, comme celle d’une chercheuse du Dakota du Sud, montrent qu’en réalité « si la cigarette électronique n’était pas apparue sur le marché, 10 à 20% des mineurs se seraient mis à fumer de manière classique ». Le report vers le vapotage, toujours d’après les scientifiques, est donc davantage souhaitable, compte tenu de la moindre dangerosité de la vape

Fin du délai accordé pour la PMTA, premières mesures

Et pourtant. « L’utilisation de cigarette électronique par les jeunes est une crise de santé publique qui affecte les enfants, les familles, les écoles et les communautés, et nous ferons tout notre possible pour y mettre un terme – y compris avec les nouvelles mesures que nous prenons aujourd’hui, » poursuit la FDA dans son communiqué.

Le délai pour déposer une demande d’autorisation de commercialisation sur le marché américain (PMTA) a expiré depuis le 9 septembre. « L’examen scientifique des nouveaux produits est un élément essentiel de la façon dont nous accomplissons notre mission de protection du public, en particulier des enfants, contre les méfaits associés à l’usage du tabac, explique la FDA. Les entreprises doivent démontrer que chaque produit répond aux critères réglementaires applicables pour l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché, par exemple si la commercialisation du produit est appropriée pour la protection de la santé publique. » 

La première mesure ? L’envoi de trois lettres de mise en demeure à des entreprises qui « commercialisent des produits non autorisés ». Selon la FDA, il s’agit de XL Vape LLC (Stig), « une marque d’e-cigarette jetable populaire chez les jeunes », de Flavour Warehouse (Vampire Vape) et de Pretty Woman UK (T/A Coil2oil et Mad Kingdom Liquids) pour des « e-liquides mentholés interdits ». La FDA indique par ailleurs que « les étiquettes ou les publicités de ces produits affichent des images de cartoon, comme des vampires ou des rois, qui s’adressent traditionnellement aux mineurs »

Une double vigilance est donc de mise dans l’inventaire du marché par la FDA, avec «  l’attrait pour les mineurs » comme circonstance aggravante. « Les mises en demeure adressées ce jour soulignent notre inquiétude face à l’augmentation de l’utilisation des cigarettes électroniques par les jeunes, notamment avec les arômes menthol. »

Le portrait-robot du mineur vapoteur

Car l’autre enseignement de l’étude du CDC tient à la possibilité de dresser le portrait du jeune vapoteur américain. Conduite du 6 janvier au 16 mars 2020, la NYTS montre ainsi que 19,6 % des lycéens (3,02 millions) et 4,7 % des collégiens (550 000) vapotent, dont respectivement 22,5 % et 9,4 % tous les jours.

À 82,9 %, ils utilisent des e-liquides aromatisés. Outre les fruits (73,1 %), les lycéens privilégient la menthe (55,8 %) et le menthol (37 %), puis les bonbons et saveurs sucrées (36,4 %). Chez les collégiens, les fruits arrivent aussi en tête (75,6 %), puis viennent les arômes sucrés (47,2 %), la menthe (46,5 %) et le menthol (23,5 %). C’est la première fois que la NYTS distingue ces deux derniers arômes, mais ils semblent gagner en popularité auprès des mineurs. On peut imaginer que c’est la conséquence de l’interdiction des e-liquides aromatisés dans certains États.

Concernant le matériel, les lycéens privilégient les pods et cartouches préremplies (48,5 %), puis les e-cigarettes jetables (26,5 %) et les systèmes à réservoir (14,8 %). Même popularité des pods chez les collégiens américains (41,3 %), puis viennent les e-cigarettes à réservoir (21,5 %) et les vapoteuses jetables (15,2 %). Globalement, les e-cigarettes jetables connaissent la hausse la plus spectaculaire : près de 1000 % (de 2,4 % à 26,5 %) chez les lycéens, et 400 % (de 3 à 15,2 %) chez les collégiens.

En 2020, un lycéen sur cinq et un collégien sur vingt utilisent l’e-cigarette. En comparaison, en 2019, 27,5 % des lycéens (4,11 millions) et 10,5 % des collégiens (1,24 million) en étaient adeptes. Outre la popularité des pods et cartouches préremplies, on retiendra l’omniprésence des e-liquides aromatisés, et la progression du menthol – il représente près de la moitié des pods et cartouches, et un quart des jetables, tous groupes confondus.