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L’Inde interdit les cigarettes électroniques

Le gouvernement indien a décrété, mercredi 18 septembre, l’interdiction de l’importation, de la production et de la vente des produits de vapotage dans tout le pays. La raison invoquée ? « Des impératifs sanitaires et une meilleure lutte contre les addictions », indique le Premier ministre Narendra Modi.

L’Inde interdit les cigarettes électroniques

Nouveau coup de tonnerre dans le monde de la vape. Après le feuilleton du durcissement réglementaire aux États-Unis ces derniers jours, l’Inde a annoncé, mercredi 18 septembre, l’interdiction des e-cigarettes dans ce pays de 1,3 milliard d’habitants.

Pour justifier cette mesure, les autorités n’ont pas manqué de rappeler l’actualité récente aux États-Unis. Le parallèle avec la politique menée par les pouvoirs publics américains n’est pas fortuit. En Inde, l’interdiction est née de la même crainte, tout du moins d’après le discours officiel, de voir les plus jeunes devenir accros à la nicotine. Une crainte qui, pourtant, n’est pas avérée, comme nous l’avons souligné dans un article précédent.

« Améliorer la politique de contrôle du tabac »

« La décision a été prise avec à l’esprit l’impact que les cigarettes ont sur la jeunesse aujourd’hui, indique la ministre des Finances Nirmala Sitharaman. C’est devenu très à la mode de les essayer, de les utiliser. » Le Premier ministre Narendra Modi a ainsi adopté une ordonnance interdisant l’importation, la production, l’exportation, le transport, le stockage et la vente d’e-cigarettes dans tout le pays.

Le gouvernement indien a indiqué que cette mesure vise à « améliorer la politique de contrôle du tabac, donnant de meilleurs résultats en termes de santé publique ». Toute infraction à cette nouvelle réglementation est passible d’un an de prison et/ou de 100 000 roupies (1 270 euros) d’amende.

En cas de récidive, les contrevenants s’exposent à trois ans d’emprisonnement et/ou 500 000 roupies (6 300 euros) d’amende. L’ordonnance ne concerne que la distribution des produits de vapotage et non leur utilisation. Les vapoteurs du pays se trouvent ainsi face à un paradoxe : ils auront le droit d’utiliser leur matériel, mais il ne leur sera plus possible d’en acheter.

Des intérêts financiers en arrière-plan ?

Cette décision des pouvoirs publics indiens n’est pas surprenante, à en juger par le durcissement progressif que le pays a opéré vis-à-vis de la cigarette électronique ces derniers mois. En février dernier, un premier arrêté visait à interdire la promotion de la vape en ligne. Plus récemment, dans le courant du mois de juillet, le ministère de la Santé a proposé de classifier le vapotage parmi les drogues. 

Autre aspect paradoxal dans cette décision, elle a été annoncée publiquement par le ministère des Finances, et non le ministère de la Santé. Faut-il en déduire qu’elle est liée à des préoccupations d’ordre économique ? Cela fait peu de doute. L’État indien est actionnaire de plusieurs entreprises de tabac cotées à la Bourse de Bombay, comme VST Industries et ITC. Suite à l’annonce du gouvernement, le cours de l’action de ces deux groupes a enregistré une hausse significative, qui se serait traduite par 10 milliards de roupies (125 millions d’euros) de gains pour le Trésor public indien.