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Étude : non, le vapotage ne favorise pas l’infarctus

Depuis plusieurs années déjà, des médecins antivape évoquent un risque aggravé de contracter des maladies cardiovasculaires à cause de l’e-cigarette. Si certaines de ces publications ont été retirées pour des défauts méthodologiques, elles sont toujours largement citées par l’OMS dans sa campagne antivape. Des scientifiques les passent à nouveau en revue, et concluent à l’absence de lien flagrant.

Étude : non, le vapotage ne favorise pas l’infarctus

C’est l’un des arguments mis en avant par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour fustiger la vape dans son dernier rapport sur « les nouveaux produits émergents du tabac ». Citant une étude controversée de Stanton Glantz, datant de 2018, l’OMS conclut que « vapoter a des effets négatifs sur le cœur tels qu’une augmentation du rythme cardiaque et de la pression sanguine. [Son] utilisation quotidienne accroîtrait les risques d’infarctus du myocarde ».

Le problème ? L’étude en question a été retirée il y a plus de deux ans déjà. Le Journal of American Heart Association (JAHA), qui l’avait publiée, avait notamment reconnu « qu’il y a un problème logique à affirmer un lien de causalité entre l’utilisation du vapotage et les crises cardiaques sur la base de cas antérieurs à l’utilisation d’e-cigarettes ». En clair, la propre publication d’origine relève de vrais biais méthodologiques.   

« Aucune preuve fiable de lien » selon les chercheurs

Puisque cette étude a malgré tout été mise en avant très récemment par l’OMS, des experts l’ont une nouvelle fois examinée. Les résultats de leurs travaux ont été publiés par l’American Journal of Preventive Medicine. Ils prennent en compte trois études médiatisées ces dernières années : deux publications de Stanton Glantz (« le lien entre le vapotage et l’infarctus du myocarde » et « l’utilisation d’e-cigarettes et l’infarctus du myocarde chez les adultes aux États-Unis ») et une dernière étude sur « l’impact cardiovasculaire des utilisateurs de cigarettes électroniques »).

Cette nouvelle contre-étude s’appuie notamment sur les données du National Health Interview Survey (NHIS). C’est également l’une des sources des études mises en cause, mais ces dernières s’arrêtent aux chiffres de 2014 à 2016, alors que l’on étend désormais les résultats jusqu’en 2019. En intégrant ces données supplémentaires, les chercheurs estiment qu’on bénéficie d’un recul plus important, susceptible de faire apparaître des liens de cause à effet entre e-cigarette et infarctus du myocarde, une conséquence à moyen ou long terme qui échapperait aux études précédentes. Or, malgré un nombre plus élevé de vapoteurs dans les années supplémentaires prises en compte, ils n’ont pas relevé d’accroissement du nombre de cas d’infarctus du myocarde. « Contrairement aux inquiétudes selon lesquelles les méfaits associées aux cigarettes électroniques n’apparaîtraient qu’après plusieurs années d’utilisation produit, l’absence de variation en fonction du temps dans l’association entre l’utilisation de la vape et l’infarctus du myocarde va à l’encontre de cette possibilité », indiquent-ils.

Leurs conclusions : « Il n’y a aucune preuve fiable que l’utilisation de la cigarette électronique soit associée au fait d’avoir un infarctus du myocarde chez les fumeurs n’ayant jamais fumé », contrairement à ce que suggère l’une des trois études retenues, qui évoque une augmentation du risque d’infarctus due à la vape seule, indépendamment de la cigarette combustible. Les chercheurs démontrent en particulier un problème méthodologique. Très souvent, les vapoteurs sont en effet aussi d’anciens fumeurs : une réalité qui n’a pas été prise en compte par les trois études citées. « La communauté scientifique doit insister pour que les chercheurs s’engagent à une communication publique précise des résultats », recommandent les auteurs.