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Clap de fin pour la vape taïwanaise ?

L'État insulaire s’apprête à réviser sa loi antitabac, ce qui risque d'avoir de lourdes conséquences pour la vape. Interdiction d’importer, de fabriquer, de vendre… et même d’utiliser l’e-cigarette : les associations dénoncent une interprétation ultra-stricte des récentes campagnes de l’OMS.

Clap de fin pour la vape taïwanaise ?

« Nul ne peut fabriquer, importer, vendre, fournir, utiliser, exposer ou promouvoir des articles similaires aux produits du tabac. » C’est ce que préconise l’article 15 du projet de loi sur la prévention et le contrôle des risques liés au tabac, rédigé par le gouvernement de Taïwan. Inchangée depuis plus de treize ans, la loi antitabac va en effet être révisée. Une mise à jour qui pourrait bien l’arrêt de mort de la vape, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 50 000 nouveaux dollars taïwanais (1 500 euros environ) pour simple usage d’une cigarette électronique. 

Cette politique répressive n’est pas vraiment nouvelle pour Taïwan. Le sous-secrétaire à la Santé et au Bien-être, Shih Chong-Liang, avait déjà déclaré que « la cigarette électronique présente des effets nocifs pour la santé des gens ». Le projet de loi vise même à qualifier la vape de « quasi narcotique ». Selon le ministère de la Santé, il s’agirait d’éviter l’emploi de termes incitatifs, susceptibles de créer « un sentiment de nouveauté et de tentation ».

« Lutter contre les intérêts des industriels et de l’appareil d’État »

Le vapotage serait encadré par l’article 31 du projet de loi. Celui-ci indique que « l’utilisation de cigarettes électroniques (produits du tabac à risques réduits/nouveaux produits du tabac/substituts sans combustion) est un acte illégal et [que] le gouvernement peut infliger une amende jusqu’à 50 000 dollars TWD »

En attendant, la résistance s’organise. Les associations provape, menées par la Foundation for a Smoke-Free Taïwan, ont ainsi mis en place une collecte de fonds pour lutter contre le projet de loi. Mais aussi soutenir les entreprises concernées, « plusieurs dizaines de sociétés forcées de fermer leurs portes », à en croire Lee Chun Hao, le responsable de la Taïwan Vape Association (TVA). 

Selon lui, il y aurait plus de 200 000 vapoteurs sur l’île. « Après toutes ces années d’expérience, j’ai constaté que je ne me battais pas seulement contre l’administration de la Santé, mais que je m’engageais aussi dans une lutte contre les intérêts des industriels et de l’appareil d’État », déclare Wang Yuyang, autre responsable de l’association.

Rappelons que l’Asie du Sud-Est soutient largement la position de l’OMS, notamment en ce qui concerne la théorie de « l’effet passerelle ». L’Indonésie ou les Philippines, par exemple, appliquent déjà des politiques très répressives vis-à-vis de la vape. À l’inverse, Hong Kong vient d’assouplir sa législation, et prend finalement ses distances avec l’OMS. Les associations provape des pays voisins entendent bien agir pour que cette « approche pragmatique et scientifique [les] influence », selon Peter Paul Dator, responsable de l’une des plus grandes organisations aux Philippines.