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Un grand ouf de soulagement pour la vape hongkongaise

Changement de cap radical pour le Conseil législatif de Hong Kong. Envisagée depuis près de deux ans, l’interdiction des produits du vapotage sur le territoire a finalement été annulée. Précision notable, si ce projet avait été initialement motivé par un rapport alarmiste de l’OMS datant de 2014, c’est à la lumière de preuves scientifiques qu’il vient d'être enterré.

Un grand ouf de soulagement pour la vape hongkongaise

Depuis près de deux ans, on ne badine pas avec la vape à Hong Kong. Et, globalement, dans toute l’Asie du Sud-Est, à en juger par les politiques très répressives à son encontre, en Indonésie ou aux Philippines, où elle est déjà bannie depuis novembre dernier. Bien que Hong Kong soit une région administrative de la Chine, le berceau industriel de la vape, les autorités l’avaient également dans le collimateur depuis octobre 2018. Carrie Lam Cheng Yuet-ngor (photo), cheffe de l’exécutif depuis le 1er juillet 2017, l’avait même évoqué dès son discours de politique générale : un projet de loi devait l’interdire totalement sur le territoire. Mais près de deux ans plus tard, le Conseil législatif a finalement décidé de l’abandonner.

Un projet de loi initié à la suite d’un rapport de l’OMS en 2014

Officiellement présenté le 21 février 2019, ce texte proposait « l’interdiction de l’importation, de la fabrication, de la vente, de la distribution et de la promotion des produits de remplacement du tabac, y compris les cigarettes électroniques, les produits sans combustion et les cigarettes à base de plantes ». Avec une mise en place dans les six mois suivants. Pour justifier une telle décision, le gouvernement de Hong Kong s’était largement appuyé sur un rapport de l’OMS datant de 2014, dont les conclusions étaient, au mieux, prudentes, sinon alarmistes

« Si les cigarettes électroniques se situent sur une frontière mouvante entre promesse et menace pour la lutte antitabac, leur réglementation n’en est pas moins indispensable », indiquaient les rapporteurs à l’époque. On craint que leur utilisation ne soit une passerelle vers l’addiction nicotinique et, à terme, le tabagisme, en particulier chez les jeunes. […] Les données sont actuellement insuffisantes pour pouvoir dire si les cigarettes électroniques aident ou non les fumeurs à arrêter de fumer. Par conséquent, l’OMS recommande pour le moment d’inciter tout d’abord les fumeurs à renoncer au tabac et à se libérer de la dépendance nicotinique en ayant recours à une panoplie de traitement déjà approuvés. » Comprenez : tout, sauf la vape.

Ce sont finalement ces « zones d’ombre », ces incertitudes et les multiples études scientifiques mises en avant par des experts qui ont sans cesse repoussé la promulgation d’une telle loi à Hong Kong. Au terme de neuf réunions et de trois consultations publiques, le Conseil législatif a donc décidé de mettre un terme au projet d’interdiction des produits de vapotage, au point de les considérer désormais comme « une alternative moins nocive pour tous les fumeurs ». Les experts cités ont réussi à démontrer que « les cigarettes électroniques présentent un nombre bien inférieur de produits toxiques que les cigarettes combustibles », selon le Manila Times. 

« Une approche pragmatique et scientifique » qui devrait influencer les autres pays

La décision a été saluée par la Coalition of Asia Pacific Tobacco Harm Reduction Advocates (Caphra), l’un des principaux groupes de lutte contre le tabac dans la région. Nancy Loucas, sa coordinatrice exécutive, loue en particulier « une approche plus pragmatique et scientifique du gouvernement face à la réduction des risques du tabac ». Elle explique notamment que les législateurs ont conclu que « l’interdiction n’était ni logique, ni faisable […] et que les fumeurs adultes ne devaient pas être privés du droit de choisir une solution de réduction des risques du tabac »

Si la décision a été si largement relayée par le principal quotidien de Manille, c’est parce que les associations philippines de vapoteurs espèrent qu’elle saura influencer leurs propres dirigeants politiques. « Nous saluons la décision de Hong Kong de mettre fin à la proposition de loi sur l’interdiction des cigarettes électroniques, indique Peter Paul Dator de The Vapers Philippines, elle se base sur des preuves scientifiques montrant que ces alternatives présentent des niveaux infiniment inférieurs de produits toxiques par rapport aux cigarettes combustibles. Plutôt qu’une interdiction, les autorités devraient envisager une réglementation des produits de vapotage et d’autres innovations afin d’empêcher la montée du marché noir qui échappe aux normes sanitaires. » Pour rappel, le président des Philippines Rodrigo Duterte a promulgué l’interdiction totale de l’e-cigarette dans tout le pays depuis le 19 novembre dernier.