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Royaume-Uni : la TPD réécrite à la sauce britannique

Désengagé de l’Union européenne, le Royaume-Uni entame la réécriture de la directive sur les produits du tabac (TPD). Avec un signal fort : le Parlement distingue plus que jamais la fumée de la vapeur. Et ne souhaite échanger « qu’avec les acteurs indépendants de l’industrie du tabac ».

Royaume-Uni : la TPD réécrite à la sauce britannique

Suite au Brexit, le Royaume-Uni se désengage peu à peu du cadre juridique établi par l’Union. Et réécrit ses textes de loi conformément à ses propres convictions. Cela vaut pour la vape, puisque les Britanniques ne sont plus soumis à la  directive européenne sur les produits du tabac (TPD). Jo Churchill (voir photo), sous-secrétaire d’État parlementaire à la Santé et aux Services sociaux, a d’ailleurs répondu à une série de questions devant la Chambre des communes.

« Travaillerez-vous avec l’industrie du vapotage pour contester la désinformation dissuadant les fumeurs de passer à des alternatives moins nocives ? » demande la députée travailliste Mary Glindon. Et la réponse du gouvernement est sans appel : « Le ministère ne rencontrera que les organisations du commerce de la vape indépendante de l’industrie du tabac », assure Jo Churchill.

La vapeur officiellement distinguée de la fumée des cigarettes combustibles

Autre aspect positif : le Parlement fait clairement la distinction entre la vapeur des cigarettes électroniques et la fumée des cigarettes combustibles. « Le gouvernement continue d’examiner les preuves de produits à risque réduit tels que les cigarettes électroniques, y compris leurs méfaits et leur utilité pour aider à arrêter de fumer, indique Jo Churchill. Bien qu’elles ne soient pas sans risque, les preuves actuelles suggèrent que les cigarettes électroniques sont moins nocives pour la santé que le tabagisme et peuvent aider certaines personnes à arrêter de fumer. »

Prochain rendez-vous : « Le ministère et l’agence Public Health England vont rencontrer l’Independent British Vape Trade Association afin d’évoquer les préoccupations de l’industrie et les questions réglementaires plus larges, notamment celles concernant la désinformation », précise Jo Churchill.

Une reconnaissance du rôle essentiel de la vape dans le sevrage tabagique, de sa moindre nocivité par rapport au tabac, et une valorisation des acteurs indépendants du secteur : c’est assurément la bonne formule pour une réglementation plus adéquate. Nous évoquions aussi, récemment, l’impact des avertissements sanitaires figurant sur les flacons d’e-liquides. Dans le cadre de l’écriture de sa propre loi, le gouvernement britannique sera en mesure d’y mentionner les messages de son choix. En particulier ceux qui soulignent le moindre risque relatif de la vape par rapport à la cigarette combustible.

« Les prises de position de l’OMS vont à l’encontre de la politique britannique »

D’autres responsables politiques britanniques soutiennent une telle approche. David Jones, ancien ministre d’État dans le gouvernement de Theresa May, a publié un billet dans lequel il renforce même la proposition de Jo Churchill. « Nous devons nous assurer que ces politiques sont fondées sur la science, afin d’offrir aux sept millions de fumeurs du Royaume-Uni les meilleures chances possibles de s’éloigner définitivement de la cigarette », écrit-il.

« Si les taux de tabagisme ont chuté ces dernières années, le problème est toujours réel et nous devons nous rappeler les inégalités qui se cachent derrière ces chiffres. Les méfaits du tabagisme pèsent de manière disproportionnée sur les plus vulnérables de la société, rappelle-t-il. Une conséquence importante et bénéfique de la sortie de l’UE est que nous n’avons plus à nous aligner sur les vues du groupe de l’UE en ce qui concerne les rassemblements multilatéraux. J’exhorte le ministre à défier l’OMS car c’est un organe qui a pris des positions qui vont complètement à l’encontre de la politique britannique. Il veut interdire les cigarettes électroniques – et ne semble tout simplement pas comprendre le concept de réduction des méfaits du tabac », conclut-il.

Ironie du sort : pour ses prises de position en faveur de la lutte contre le tabac, Jo Churchill vient d’être saluée par… l’Organisation mondiale de la santé, qui lui a même décerné un prix.