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Que savent les députés européens de la vape ?

Pour la seconde année consécutive, l’agence ECigIntelligence a interrogé les députés européens à propos de leurs connaissances sur la vape. À la veille d’un vote décisif au Parlement, le niveau de confiance baisse. L’e-cigarette est toujours aussi méconnue, et l’impression de risque très répandue. Revue de détail.

Que savent les députés européens de la vape ?

Fin 2020, l’agence indépendante ECigIntelligence interrogeait les eurodéputés pour connaître leur point de vue sur l’e-cigarette et les autres alternatives nicotiniques. Seuls 28 d’entre eux avaient répondu au questionnaire anonyme, soit un peu moins de 5 % du Parlement européen. Il s’en dégageait tout de même quelques tendances, mais qu’en est-il aujourd’hui ?

« Les parlementaires européens ont-ils changé de point de vue sur les nouveaux produits à base de nicotine ? », c’est la question que pose à nouveau ECigIntelligence. Cette année, 50 eurodéputés ont joué le jeu, dans les mêmes conditions. La perspective du vote des amendements du Plan contre le cancer, le 6 décembre, a (heureusement) renforcé l’intérêt pour cette catégorie de produits. Ce sont donc désormais 8 % du Parlement européen qui sont représentés.

En résumé, ce qu’il ressort de l’étude : 

  • Si les députés sont plus nombreux à avoir répondu, l’échantillon est aussi plus représentatif. Ils sont hélas aujourd’hui plus nombreux à ne pas connaître du tout l’e-cigarette et les produits nicotiniques. Plus d’un tiers des eurodéputés n’ont pas la moindre connaissance sur le sujet, et plus d’un sur dix ne sont même pas au courant de leur existence.
  • C’est l’e-cigarette qui reste malgré tout la plus connue des alternatives. Si en 2020, 65 % des eurodéputés disaient avoir quelques connaissances, ils ne sont désormais plus que 43 % à la maîtriser. La part de ceux qui en ont « une connaissance approfondie » grimpe toutefois de quelques points.
  • L’impression de risque augmente en conséquence. En 2020, 75 % des eurodéputés jugeaient la vape légèrement ou beaucoup moins dangereuse que la cigarette, contre 54 % aujourd’hui. Ils sont même 28 % à l’estimer aussi ou plus dangereuse. Mais le groupe des indécis s’agrandit : ils sont désormais 18 % à ne pas trancher, contre 3,5 % il y a un an.
  • Même chez les eurodéputés qui estiment avoir des connaissances sur le produit, ils sont aujourd’hui davantage méfiants : ils ne sont plus que 69 % à trouver la vape moins nocive que la cigarette, contre 94 % l’année dernière ! On compte de plus en plus d’indécis parmi ceux qui n’ont pas de connaissances particulières. 
  • Si les eurodéputés qui connaissent le sujet pensent toujours majoritairement que les nouveaux produits aident les fumeurs à arrêter (52 %), près d’un sur trois craignent qu’ils encouragent plutôt les non-fumeurs à se mettre au tabagisme. L’écart entre les deux groupes se resserre par rapport à l’année dernière (63 % et 15,7 %).
  • Concernant la régulation, 67 % des eurodéputés veulent autoriser la vente en ligne et 33 % l’interdire, en 2021, des chiffres qui stagnent. Pour les arômes, ils sont 48,8 % à vouloir calquer les restrictions sur celles appliquées aux cigarettes, 46,5 % les souhaitent moins contraignantes et 4,6 % plus dures. Près de la moitié des eurodéputés entendent donc fixer un cadre moins sévère pour les e-liquides que pour les cigarettes, un résultat encourageant. S’agissant de la publicité, les restrictions devraient être moins fortes que pour les cigarettes à 25,5 %, les mêmes à 69,7 % et plus fortes à 4,6 %. 

Passons en revue chaque point plus en détail.

La connaissance générale de l’e-cigarette

Si l’échantillon s’est élargi, il n’a pas nécessairement gagné de fins connaisseurs des produits nicotiniques, loin de là. En 2020, 12,5 % des députés n’avaient pas du tout entendu parler de l’e-cigarette. Le chiffre s’élève désormais à 16,1 %. Le constat est le même pour le tabac chauffé (de 15,6 % à 35,7 %), seuls les nicotine pouches (de 31,25 % à 30,3 %) stagnent.

« L’échantillon plus important de cette année est aussi plus représentatif du Parlement européen, indiquent les rapporteurs. Mais on constate que les niveaux de connaissance de ces produits sont très faibles. Plus d’un tiers des eurodéputés n’en ont pas la moindre connaissance, et plus d’un sur dix ne sont même pas au courant de leur existence. »

En 2020, 21,8 % des eurodéputés avaient entendu parler de l’e-cigarette sans la connaître vraiment et 65 % avaient au moins quelques connaissances. Cette année, ce sont 41% des députés qui ne savent rien à son sujet et 43 % qui la connaissent au moins un peu. À noter toutefois, la part de ceux qui en ont « une connaissance approfondie » gagne quelques points, passant de 6,2 % à 7,1 %.

La connaissance du risque

Il n’est donc pas étonnant qu’en moyenne la perception du moindre risque que représente le vapotage tende elle aussi vers le bas. En 2020, les eurodéputés jugeaient à 75 % la vape « légèrement ou beaucoup moins nocive que la cigarette » et à 21,4 % « aussi ou plus dangereuse ». Ils le sont aujourd’hui respectivement à 54 % et 28 %. C’est un recul significatif de la confiance qu’inspire l’e-cigarette, les fake news propagées par l’OMS ont produit leur effet.

Mais le groupe des indécis est aussi plus important : de 3,5 % en 2020, il est passé à 18 % cette année. Ce sont autant de voix qui peuvent compter, au point de faire basculer le vote. Les écarts sont équivalents pour les autres produits nicotiniques. Concernant l’e-cigarette, on assiste aussi à un recul du nombre d’eurodéputés qui la jugent « bien moins nocive que le tabagisme » (de 35,7 % à 16 %), en faveur de l’approche plus neutre de l’estimer « légèrement moins nocive » (de 39,2 % à 38 %) ou « aussi nocive » (de 14,2 % à 20 %).

 « Les eurodéputés ayant quelques connaissances sur les produits sont davantage susceptibles de les associer à un moindre risque comparé au tabac, indiquent les auteurs. C’est toutefois un effet qui s’est atténué, par rapport à 2020, pour la vape et le tabac chauffé ». En 2021, les députés ayant au moins quelques connaissances sont 69 % à trouver la vape moins nocive que la cigarette et 26 % à l’estimer autant ou plus nocive. L’année dernière, ils étaient respectivement 94 % et 5 % !

Pour les députés qui n’ont aucune connaissance sur les produits, la vape est moins nocive à 40,7 % en 2021 (contre 33 % en 2020). Mais, là encore, le plus large groupe d’indécis pourrait faire pencher la balance. 

L’efficacité des produits

Globalement, la confiance baisse. « Bien plus de députés qui n’ont pas de connaissances sur les produits ne savent pas s’ils aident les fumeurs à arrêter ou encouragent les non-fumeurs à se mettre à la cigarette », indiquent les rapporteurs. Même ceux qui revendiquent quelques connaissances commencent à douter. 

En 2021, 52 % de ces eurodéputés plus éclairés pensent que les nouveaux produits aident les fumeurs à arrêter, contre 63 % l’année dernière. Ils sont même désormais 30,4 % à penser qu’ils encouragent plutôt les non-fumeurs à se mettre à la cigarette (contre 15,7 % en 2020). 

Mais, là encore, le groupe des indécis augmente largement dans toutes les catégories. Plus des deux tiers des eurodéputés n’ont par exemple aucune idée de l’efficacité des nicotine pouches.

La régulation envisagée

Point crucial puisqu’ils s’apprêtent à trancher : comment les nouveaux produits devraient-ils être régulés, selon eux ? Concernant la vente en ligne, ils sont 67 % à vouloir l’autoriser et 33 % à souhaiter l’interdire, contre respectivement 76 % et 24 % l’année dernière.

Au niveau des restrictions sur les arômes, par rapport aux goûts autorisés pour les cigarettes : les eurodéputés jugent qu’elles devraient être moins fortes à 46,5 %, les mêmes à 48,8 % et plus fortes à 4,6 % (contre respectivement 56 %, 36 % et 8 %  l’année dernière). Près de la moitié des eurodéputés souhaitent donc accorder aux e-liquides une plus grande marge de manœuvre que les cigarettes.

Concernant la publicité, les restrictions devraient être moins fortes que celles des cigarettes à 25,5 %, les mêmes à 69,7 % et plus fortes à 4,6 % (40 %, 48 % et 12%, en 2020).