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Les Canadiens se mobilisent contre la fin des arômes

À l’instar de nombreux États dans le monde, le Canada s’apprête à durcir sa législation sur le vapotage. Déjà évoqué en juin dernier, un projet de loi émanant du ministère de la Santé vise à interdire les e-liquides aromatisés. Les associations de vapoteurs donnent de la voix et appellent le gouvernement à revoir sa position.

Les Canadiens se mobilisent contre la fin des arômes

« Il est grand temps que les gouvernements du monde entier nous écoutent », implore Maria Papaioannoy, la porte-parole de l’association Rights 4 Vapers. Cette semaine, des vapoteurs ont défilé à Ottawa pour demander au gouvernement fraîchement réélu de revoir son projet de loi visant à interdire progressivement les e-liquides aromatisés. 

Publié le 19 juin dernier, le texte prévoit en effet une interdiction des arômes en trois temps. Tout d’abord, le Canada restreindrait la promotion de ces e-liquides. Puis le pays interdirait l’utilisation de « tous les sucres et édulcorants ainsi que la plupart des ingrédients aromatisants, à l’exception des ingrédients conférant un arôme de tabac ou de menthe/menthol ». Enfin, il « prescrirait des normes applicables aux propriétés sensorielles afin de prévenir toute perception sensorielle (sic) autre que celles typiques du tabac ou de la menthe »

Encore « l’effet passerelle » comme justification

« La science l’affirme : les produits de vapotage sont moins dangereux que les cigarettes, poursuit Maria Papaioannoy. C’est une réalité qui dérange ceux qui sont impliqués dans l’addiction au tabac. Plus d’un million de Canadiens vapotent et on compte cinq millions de fumeurs. Allons-nous réellement les ignorer et nous en tenir aux solutions démodées de réduction des méfaits du tabac ? »

Comme d’habitude, le gouvernement canadien s’appuie sur le spectre de « l’effet passerelle » pour justifier son projet de loi. « [Ces] mesures devraient contribuer à réduire l’attrait de ces produits pour les jeunes, ce qui aiderait à contrer l’augmentation rapide du vapotage au sein de cette population », indique le texte officiel. Pourtant, de nombreuses études ont démontré l’inexistence de ce phénomène. Et, même, la baisse globale du vapotage chez les jeunes

La reconnaissance officielle de dommages collatéraux

« Nous sommes particulièrement préoccupés par [ce] projet d’interdiction des arômes, poursuit Christina Xydous, porte-parole de la Coalition des droits des vapoteurs du Québec. Il va à l’encontre de l’esprit et de l’intention du projet de loi original du Sénat (22 novembre 2016) qui a été adopté en 2018. Les sénateurs et députés avaient alors compris que le vapotage pouvait être un outil pour mettre en œuvre les stratégies canadiennes de lutte contre le tabagisme. Au cours des quatre dernières années, les organismes de réglementation semblent avoir retiré la science de la discussion et se sont concentrés sur l’aspect émotionnel du vapotage. Nous revendiquons une politique de santé publique qui comprend un volet axé sur la réduction des méfaits et dans laquelle le vapotage occuperait une place importante, ceci étant amplement justifié par la science. »

Si le texte officiel avance des arguments scientifiques parfois erronés, s’appuyant en particulier sur des données qui datent de 2016 à 2019, il faut lui reconnaître un effort de transparence. Il est en effet précisé que les produits de vapotage sont « une source de nicotine moins nocive que les cigarettes ». Toujours ça de pris ! Sont par ailleurs exposés cinq autres scénarios qui ont été envisagés, et les raisons qui ont poussé le gouvernement à les écarter. Mais le texte est aussi teinté d’un certain cynisme. « On prévoit que certains doubles utilisateurs pourraient faire une rechute à cause du projet », est-il ainsi annoncé. Pour l’heure, le calendrier exact de la mise en place du projet n’a pas été révélé.