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Confinement : la consommation de tabac a augmenté

L’agence Santé publique France révèle que, durant le confinement, plus d’un quart des fumeurs auraient augmenté leur consommation de cigarettes. Un phénomène lié à l’extraordinaire complexité de la période traversée, après plusieurs années de baisse significative.

Confinement : la consommation de tabac a augmenté

Alors que la Journée mondiale sans tabac s’est tenue le dimanche 31 mai, l’agence Santé publique France révèle un chiffre préoccupant : pendant le confinement, plus d’un quart des fumeurs (27 %) auraient augmenté leur consommation de tabac. La hausse moyenne serait ainsi de cinq cigarettes, et toucherait plus particulièrement les 25-34 ans (41 %) ainsi que les actifs travaillant à domicile (37 %). Des données qui, si l’on peut les corréler à un état d’anxiété lié au confinement, mettent fin à une baisse significative et continue de la vente de tabac en France.

Il faut tout de même confronter ces chiffres, basés sur une auto-évaluation des personnes interrogées, avec les volumes de ventes de tabac communiqués par Logista, l’un des leaders de la distribution en points de vente. Rapportés par le Monde du tabac, les résultats d’avril 2020 montrent une progression de 1,1 % des volumes de ventes « seulement » par rapport à avril 2019, après une baisse de 7,9 % en mars 2020 et de 7,8 % en février 2020 (comparé aux mêmes périodes de l’année précédente). Ils pourraient toutefois traduire un phénomène « achat de stockage » et correspondre au retour chez les buralistes frontaliers des consommateurs, privés de la possibilité de se rendre dans les pays voisins.

La Ligue contre le cancer : « L’industrie du tabac, elle, n’a pas été confinée ! »

La Ligue contre le cancer alerte contre le danger de « réinstaller » une consommation individuelle à la hausse pour les fumeurs. « Alors que la lutte menée par la Ligue commençait à porter ses fruits avec une diminution notable de la consommation depuis quatre ans, et plus particulièrement chez les femmes en 2018 et 2019, nous savons désormais que plus d’un quart des fumeurs ont augmenté leur consommation avec le confinement, rappelle le généticien et président de la Ligue Axel Kahn (photo). C’est un constat terrible. L’industrie du tabac, elle, n’a pas été confinée ! Il est temps de la faire payer pour les dégâts sanitaires, sociaux et économiques qu’elle cause sans scrupule. »

La Ligue rappelle par ailleurs que « le tabagisme reste la principale cause de cancer dans le monde » et que le tabac est responsable de 75 000 décès chaque année en France. Il multiple par 10 à 15 le risque de cancer du poumon par rapport à un non-fumeur. Ce fléau est également à l’origine de 8 cancers sur 10 chez les hommes (83 %) et de 7 cancers sur 10 chez les femmes (69 %). 

Pour renforcer la lutte contre le tabagisme, l’association plaide en particulier pour une harmonisation des prix du tabac au niveau européen, la préservation des actions d’accompagnement dans le sevrage et des missions de prévention ainsi que le renforcement du respect de l’interdiction de vente de tabac aux mineurs. 

Une hausse des ventes de tabac largement imputable à la fermeture des frontières

Pour Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes, la hausse de ces chiffres est tout de même largement imputable à la fermeture des frontières. Il s’est d’ailleurs adressé à tous les buralistes frontaliers pour leur exprimer le soutien de la confédération face à la « décrue » annoncée avec la réouverture des frontières prévue pour le 15 juin prochain. « Le phénomène incroyable que nous avons connu pendant la période de confinement doit se transformer en arme pour s’attaquer à l’injustice que représentent pour nous les distorsions du prix du tabac et de la fiscalité au sein de l’Union européenne », affirme-t-il. 

« Les chiffres de ces dernières semaines sont la preuve cinglante et officielle des dommages et du préjudice que nous subissons en période habituelle », poursuit Philippe Coy. Le président de la Confédération des buralistes s’apprête d’ailleurs à entamer une démarche officielle auprès de l’Assemblée nationale pour évaluer les pertes représentées par les achats frontaliers.

Et la vape, dans tout ça ? Rappelons qu’une étude menée par Santé publique France montre que le vapotage a permis à 700 000 fumeurs quotidiens de rompre avec le tabagisme. Des  résultats significatifs qui, s’ils ne figurent pas dans le communiqué de la Ligue contre le cancer, devraient être mis en avant pour basculer à nouveau vers une baisse de la consommation de cigarettes.