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Vape sur ordonnance : bientôt une réalité au Royaume-Uni ?

Grande première : le Royaume-Uni s’apprête à devenir le premier pays à prescrire (et rembourser) la vape sur ordonnance. L’enjeu : aider les populations les plus modestes à accéder au vapotage. Plus que jamais, les autorités de santé britanniques la reconnaissent comme le moyen de sevrage le plus sûr. Tous les services sont en ordre de bataille, de l’autorité de contrôle des médicaments aux détaillants.

Vape sur ordonnance : bientôt une réalité au Royaume-Uni ?

Que les services de santé du Royaume-Uni reconnaissent depuis longtemps les atouts de la vape, ce n’est pas un grand secret. Rendez-vous annuel pour vanter les mérites du vapotage, campagnes publicitaires massives, ouvertures de shops spécialisés dans l’enceinte d’hôpitaux, rapports officiels et détaillés sur le sujet… En dix ans, les pouvoirs publics britanniques ont clairement pris position : à leurs yeux, l’e-cigarette constitue la solution de sevrage tabagique la plus efficace à ce jour. Mais la décision prise récemment va plus loin encore.

Le gouvernement a en effet ouvert la voie, vendredi dernier, à la prescription de cigarettes électroniques par le système public de santé, pour les fumeurs souhaitant arrêter le tabac. Grande première, le Royaume-Uni deviendrait ainsi le premier État au monde à prescrire la vape en tant que dispositif médical.

Rendre la vape accessible au plus grand nombre

« Je suis convaincu que cela changera la donne, déclare Sir Norman Lamb, l’ancien ministre de la Santé qui a présidé l’enquête du comité des sciences sur le vapotage. Il y aura un avantage significatif à prescrire des cigarettes électroniques en tant que médicaments. »

Le professeur Linda Bauld, de l’Université de santé publique d’Edimbourg, précise ses propos. « Bien qu’il existe de solides preuves que les cigarettes électroniques peuvent aider les fumeurs à arrêter de fumer, nous savons également que jusqu’à un fumeur sur trois au Royaume-Uni n’a pas essayé ces appareils. Les fumeurs sont préoccupés par la sécurité et les perceptions erronées concernant les risques relatifs des cigarettes électroniques par rapport au tabac. Pour certains, le coût est également perçu comme un obstacle. L’option d’avoir des dispositifs approuvés qui pourraient être prescrits rassurerait les fumeurs sur les risques relatifs et aiderait également à atteindre ceux qui ont le moins les moyens de se payer des cigarettes électroniques. »

La prescription d’une e-cigarette s’accompagnerait ainsi d’une prise en charge par les services de santé, au même titre que d’autres médicaments.

Des contrôles rigoureux pour la vape comme “médicament”

Au même titre que tous les autres dispositifs médicaux, les e-cigarettes sur ordonnance feraient ainsi l’objet de contrôles rigoureux. C’est le rôle de l’Agence de réglementation des médicaments et produits de santé (MHRA), qui a publié des directives spécifiques. Les fabricants peuvent dès à présent soumettre leurs produits au même processus d’approbation réglementaire que les autres médicaments. 

« Les directives mises à jour sur les exigences en matière de licence que nous avons publiées aujourd’hui constituent un premier pas important vers la disponibilité de produits de cigarette électronique sous licence sûrs et efficaces, commente le Dr June Raine, directrice générale de la MHRA. Les preuves sont claires que les cigarettes électroniques peuvent aider les gens à arrêter de fumer pour de bon. »

Au Royaume-Uni comme en France, le tabagisme est la principale cause évitable de décès prématurés. Le pays compte 6,1 millions de fumeurs, avec des taux largement supérieurs parmi les populations défavorisées. Le nombre de vapoteurs est passé de 700 000 en 2012 à 3,6 millions en 2021. « Ouvrir la porte à la prescription de cigarettes électroniques devrait permettre de s’attaquer aux fortes disparités des taux de tabagisme à travers le pays, et aider les gens à arrêter de fumer où qu’ils vivent et quelle que soit leur origine », déclare Sajid Javid, le secrétaire à la Santé.