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Sevrage tabagique : la vape aide (aussi) les plus modestes

Une étude préliminaire menée en France a permis de mesurer l’efficacité du sevrage tabagique au sein des populations défavorisées. Une fois de plus, les résultats démontrent l'intérêt de l'e-cigarette : 28 % des participants ayant choisi cette solution ont totalement arrêté en six à dix semaines.

Sevrage tabagique : la vape aide (aussi) les plus modestes

Le dernier rapport du Royal College of Physicians le souligne : « Le taux de prévalence tabagique est le plus élevé parmi les populations les plus démunies. » C’est ce constat qui a amené deux chercheuses de l’Inserm, Mégane Héron et Fabienne El-Khoury Lesueur, à se pencher sur l’arrêt tabagique au sein de cette population à travers l’étude-pilote STOP (sevrage tabagique à l’aide d’outils dédiés selon la préférence). Les résultats, relevés par Philippe Poirson, animateur du blog Vapolitique, ont été publiés dans la revue Addiction Science & Clinical Practice.

Source : Vapolitique

Il s’agit là d’une ébauche pour une étude de plus grande ampleur. Menée entre juin 2018 et juillet 2019, elle a porté sur 49 personnes en situation défavorisée. Le principe : laisser aux participants le choix de la méthode de sevrage. 29 % d’entre eux ont privilégié la vape seule, 29 % des substituts nicotiniques de pharmacie et 42 % une combinaison des deux. Soit 71 % qui ont essayé la cigarette électronique. En ce qui concerne le matériel, c’est l’Enduro T20 d’Innokin qui a été retenue, avec des e-liquides fruités, mentholés ou des classics, dosés en 6, 12 ou 16 mg/ml de nicotine.

Source : Vapolitique

Des résultats très encourageants

En 6 à 10 semaines, 28 % des participants ont réussi à arrêter définitivement la cigarette. 18 % ont réduit de moitié leur consommation de tabac, passant de 20 à 10 cigarettes par jour en moyenne. Seuls 2 % ont déclaré fumer autant qu’au début en fin d’étude. Si 51 % des participants ont été perdus de vue, les chercheuses jugent  tout de même les résultats très positifs. « Même en supposant que les participants qui ont été perdus de vue n’ont pas réussi à arrêter de fumer, ces résultats sont très prometteurs », déclarent-elles.

De ces résultats, les scientifiques tirent plusieurs enseignements :

  • une réglementation très restrictive pourrait limiter les stratégies de réduction des risques face au tabagisme ;
  • le coût élevé de l’e-cigarette constitue le principal frein à son adoption au sein des populations défavorisées ;
  • l’effet passerelle vers le tabagisme des adolescents n’a pas été remarqué ;
  • l’absence de contrôle sur les e-liquides accroît la méfiance vis-à-vis de l’e-cigarette ;
Source : Vapolitique

Des observations qui corroborent les résultats de l’Eurobaromètre 2021 ou de l’étude Cochrane. Le coût apparaît comme un obstacle encore plus important parmi ces populations fragilisées.

Une étude de plus grande ampleur déjà sur les rails

« Malgré les difficultés à recruter un grand nombre de patients et la perte de suivi, les résultats de ce projet pilote sont encourageants. Environ 1 fumeur à faible niveau socio-économique sur 4 recruté a cessé de fumer un mois après l’inclusion, et l’intervention basée sur les préférences s’est avérée acceptable pour les participants et les professionnels de santé », concluent les chercheuses. 

Menée auprès d’un très faible échantillon de participants, l’étude a été validée par le Comité d’examen institutionnel Ile de France II. Elle va ainsi donner lieu à une plus large analyse, auprès d’un panel de plus de 500 participants cette fois, répartis dans 15 centres. Ces résultats devraient être publiés d’ici 2024.