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L’ETHRA commente l’adoption du Plan Cancer européen

L'ETHRA s'exprime à propos de l'adoption du Plan cancer par le Parlement européen. Si le regroupement d'associations souligne “la bonne nouvelle” que constitue la reconnaissance du rôle de la vape, il estime toutefois que certaines dispositions pourraient “l’éclipser”.

L’ETHRA commente l’adoption du Plan Cancer européen

Le 9 décembre dernier, la commission spéciale du Parlement européen sur la lutte contre le cancer (BECA) s’est réunie pour voter les amendements et le rapport du « Plan pour vaincre le cancer ». Le texte a été adopté à 29 voix pour, 1 voix contre et 4 abstentions. 

Le texte comprend notamment l’amendement 8c. Les autorités européennes y reconnaissent enfin que « les cigarettes électroniques pourraient permettre aux fumeurs d’arrêter progressivement ». Une « bonne nouvelle » selon le communiqué publié par l’ETHRA

« Le texte du rapport final reconnaît le rôle que les produits plus sûrs à base de nicotine peuvent jouer dans la lutte contre le cancer, ce qui est un grand pas dans la bonne direction, s’enthousiasme l’association. C’est une déclaration très positive. En plus de reconnaître que le vapotage aide les fumeurs à arrêter de fumer, le Parlement reconnaît également que l’arrêt du tabac est un processus et que le passage complet à des produits plus sûrs à base de nicotine peut prendre du temps. »

« Le sort des saveurs est peut-être en jeu »

Mais, toujours selon l’ETHRA, subsiste le spectre d’un durcissement de la loi. Dans le rapport, le Parlement indique que « les cigarettes électroniques ne devraient pas être attrayantes pour les mineurs et les non-fumeurs ». Il demande ainsi à la Commission d’« évaluer les arômes les plus attrayants [pour ces publics] dans les cigarettes électroniques et de proposer leur interdiction ».

« Nous savons que les arômes sont essentiels au succès du sevrage tabagique », rappelle l’association. Elle fait notamment référence aux travaux du professeur Yong Yang, qui montrait que les e-liquides aromatisés seraient jusqu’à 2,3 fois plus efficaces pour arrêter la cigarette que les e-liquides au goût tabac. Ou encore à ceux de Lin Li, qui vont dans le même sens.

Dès lors, l’ETHRA s’interroge sur le mode opératoire de la commission. « Comment déterminerait-elle quelles sont les saveurs particulièrement attrayantes pour les mineurs ? Prendra-t-elle en compte les impacts négatifs qu’une interdiction des arômes aurait sur le sevrage tabagique chez les adultes ? Ainsi que le fait que la majorité des fumeurs adultes qui sont complètement passés au vapotage utilisent des saveurs fruitées et sucrées ? », questionne l’association. 

Le retour du tabagisme, un « compromis acceptable » ?

« Si une interdiction des arômes entraînait une baisse du vapotage chez les jeunes mais une augmentation du tabagisme chez les adultes, cela serait-il considéré comme un compromis acceptable ? », conclut l’ETHRA.

Un nouveau combat s’engage alors selon l’association : « Éduquer les décideurs politiques sur l’importance d’avoir un large éventail d’alternatives à faible risque attrayantes, abordables et accessibles au tabagisme. La réalité est que les saveurs qui plaisent aux jeunes plaisent aussi aux adultes. Restreindre l’accès des adultes aux produits qu’ils utilisent pour arrêter de fumer et restés éloignés de la cigarette entraînera inévitablement une augmentation du tabagisme, ce qui représenterait un échec dans la lutte contre le cancer », prévient-elle.

Un détail à souligner : entre les lignes, l’ETHRA voit aussi dans le rapport du BECA un désaveu à l’égard du SCHEER. Largement décrié, celui-ci s’appuyait sur des études biaisées comparant le vapotage et le fait de ne pas fumer. En demandant à la Commission d’évaluer « les risques pour la santé par rapport à la consommation d’autres produits du tabac », le Parlement se replace sur un terrain scientifique moins contestable. C’est là encore une bonne nouvelle, en dépit du risque qui pèse actuellement sur les arômes.