Êtes-vous un professionnel de la vape ?

Ce site est réservé aux professionnels de la vape

Le vapotage a permis à 700 000 fumeurs quotidiens d’arrêter la cigarette, selon une étude

Les enquêtes visant à mesurer l’impact du vapotage parmi les dispositifs de sevrage tabagique se multiplient et celle publiée fin juin par l’agence Santé publique France présente quelques perspectives réjouissantes. Au premier rang de celles-ci, on évoque l’arrêt complet de la cigarette pour près de 700 000 fumeurs en France, en rapport direct et exclusif avec la vape. L’étude s’attarde sur d’autres questions sensibles et rarement évoquées, comme l’arrêt du vapotage après le sevrage.

Le vapotage a permis à 700 000 fumeurs quotidiens d’arrêter la cigarette, selon une étude

Nous avons déjà évoqué les travaux de l’agence Santé publique France dans le cadre de la journée mondiale sans tabac, avec un rapport qui désigne sans équivoque le tabac comme responsable direct de la mort de plus de 75 000 personnes en France, en 2015. L’agence a publié fin juin une nouvelle enquête, portant cette fois sur l’état actuel du vapotage en France et ses conséquences sur l’arrêt de la cigarette. Et cette solution s’impose plus que jamais comme le moyen de sevrage tabagique le plus efficace à ce jour : elle aurait ainsi aidé 700 000 fumeurs à arrêter leur consommation de cigarettes.

Le nombre de fumeurs quotidiens divisé par deux chez les vapoteurs

L’enquête a été menée par téléphone auprès de 25 000 personnes, âgées de 18 à 75 ans. Les données demeurent purement déclaratives, rappellent les chercheurs : elles n’ont donc pas été étayées par des mesures en laboratoire. Premier enseignement, tous les vapoteurs ont déjà eu une expérience avec le tabac : la moitié d’entre eux sont des fumeurs occasionnels ou quotidiens, l’autre moitié d’anciens fumeurs et moins de 1 % d’entre eux n’a jamais fumé. « L’e-cigarette ne semble pas devenir, chez les adultes, un nouveau produit utilisé sans lien avec le tabac », conclut Anne Pasquerau, chargée d’études scientifiques à l’agence Santé publique France.

Deuxième enseignement, l’étude nous montre que « l’effet de nouveauté est probablement passé et [que] l’usage est désormais ancré sur le long terme ». En effet, le vapoteur moyen a adopté l’e-cigarette depuis vingt mois, et il est plutôt masculin et diplômé. Pour 12 % d’entre eux, il continue de vapoter après avoir été sevré du tabac, en adoptant des liquides sans nicotine.

Plus important encore, on apprend qu’en trois ans, le nombre de fumeurs quotidiens a été divisé par deux chez les vapoteurs. Dans le même temps, le nombre d’anciens fumeurs a doublé. Les vapoteurs qui continuent de fumer des cigarettes sont 80 % à avoir réduit leur consommation, et en allument neuf en moyenne par jour, contre un paquet auparavant. 

Envisager le sevrage total

Mais l’enquête vise aussi à rappeler que cette dernière pratique n’est pas sans risque. « Les bénéfices sur la santé d’une réduction du tabagisme sont limités par rapport à un arrêt complet, puisque même une faible consommation de cigarettes est très nocive », indiquent les rapporteurs de l’étude. En pratique, la diminution de la consommation de cigarettes agit souvent comme un faux indicateur positif, une impression de progrès qui retarde l’arrêt complet du tabac.

Le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à La Pitié-Salpêtrière et président de l’Office français de prévention du tabagisme, s’était déjà fait l’écho de la nocivité de telles pratiques. « La réduction du nombre de cigarettes est souvent suivie de rechutes. Il faut donc inciter les vapofumeurs au sevrage, en augmentant le taux de nicotine dans les liquides (jusqu’à 16 mg) ou en complétant avec des patchs », indique-t-il. Et il conclut : « S’ils éprouvent encore le besoin de finir une cigarette, c’est que le dosage en nicotine est insuffisant pour leur corps. »

L’étude s’intéresse par ailleurs pour la première fois à l’après-vapotage, un phénomène encore rarement évoqué. Parmi les personnes interrogées, 1,2 % d’entre elles ont définitivement arrêté la cigarette puis la vape. L’agence de santé publique estime ainsi que 500 000 personnes sont aujourd’hui d’anciens fumeurs et d’anciens vapoteurs. Le vapotage conserve malgré tout sa relative mauvaise image auprès de l’opinion publique. Plus de la moitié des sondés juge en effet que l’e-cigarette est aussi nocive que la cigarette classique, et son interdiction dans certains lieux publics est appréciée par près de 67 % d’entre eux. « Il n’y a pourtant aucun doute scientifique sur le fait que les émissions d’e-cigarettes, sans être dénuées d’effets indésirables, sont infiniment moins nocives pour la santé que la fumée du tabac », rappelle le professeur Dautzenberg.