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Haïr la vape et faire du « like » sur les réseaux sociaux

Cet été, deux jeunes Américains sont devenus des « célébrités » sur les réseaux sociaux. Ce ne sont pas des chanteurs, ni des acteurs. Leurs points communs : ils vapotaient et sont tombés gravement malades. Depuis, ils ont déclaré la guerre à la cigarette électronique.

Haïr la vape et faire du « like » sur les réseaux sociaux

Ah ! que ça doit être réconfortant pour les « anti-vape ». De nouvelles icônes sont venues grossir leurs rangs récemment. Deux jeunes Américains, Maddie Nelson et Chance Ammirata, 18 ans l’une et l’autre. Leurs points communs : tous deux vapotaient, et tous deux ont été hospitalisés cet été, victimes de troubles respiratoires sévères. Depuis, ils n’ont de cesse, sur les réseaux sociaux, d’inviter leurs followers à propager la bonne parole : « Ne vapotez pas ! »

Prise en charge dans un service de soins intensifs

Pour Maddie, la vape a commencé il y a trois ans. Elle tirait quotidiennement sur sa cigarette électronique. « Toutes sortes de produits achetés dans différents shops », des e-liquides non nicotinés au début, puis elle est passée à 3 mg/ml de nicotine. La jeune femme résidant dans l’Utah raconte qu’au début de l’année, elle a été prise de vomissements, qu’elle a perdu l’appétit. Et puis, le 27 juillet dernier, elle ressent une douleur aiguë au niveau des reins et une forte poussée de fièvre.

La voilà admise à l’hôpital. « Je pensais y passer une nuit, j’y suis restée quatre jours », dira-t-elle. Car entre-temps, son état s’est dégradé, elle a du mal à respirer, au point qu’elle est prise en charge dans un service de soins intensifs et placée en coma artificiel. Diagnostic : pneumopathie à éosinophiles idiopathique aiguë, une maladie rare identifiée pour la première fois en 1969 mais dont la cause reste inconnue.

Une violente douleur au niveau de la poitrine

Il y a aussi le cas de ce jeune homme originaire de Floride. En bonne santé, Chance Ammirata vapotait depuis dix-huit mois, à raison d’un pod tous les deux jours. Puis voilà qu’au milieu de l’été, il ressent une violente douleur au niveau de la poitrine, « comme une crise cardiaque », racontera-t-il. Il est admis aux urgences et les médecins diagnostiquent un pneumothorax spontané primaire (PSP) qui nécessite une intervention chirurgicale immédiate. Loin d’être rare, cet affaissement du poumon touche essentiellement les hommes entre 15 et 30 ans, grands et minces. Ce qui est justement le cas de Chance.

Des causes qui restent difficiles à identifier

Aujourd’hui, la vie de ces deux jeunes gens ne semble plus en danger, et on peut s’en réjouir. Reste que l’origine exacte des maux dont ils ont souffert reste très difficile à déterminer. En revanche, depuis qu’ils ont vécu cette expérience sans doute traumatisante, Maddie Nelson et Chance Ammirata ne ménagent pas leurs efforts pour dire au monde entier tout le mal qu’ils pensent de la cigarette électronique.

Et c’est précisément ce qui amène à s’interroger. Qu’ils publient sur les réseaux sociaux des photos de leur séjour à l’hôpital ou des radios de leurs poumons n’a rien d’étonnant. Nombre d’adolescents, de nos jours, se mettent en avant, se montrent, se racontent, sur Facebook, Instagram ou Twitter.

Des milliers de followers en quelques jours

Le problème, c’est que le message porté – en toute bonne foi, c’est indéniable – par Maddie et Chance a été entendu par des milliers de personnes. Notamment des fumeurs, qui pourraient bien finir par estimer qu’il vaut mieux continuer à consommer du tabac que de vapoter. Que pèse, alors, l’avis de ces médecins qui, à force de travail, de recherches, d’essais, sont parvenus à la conclusion que la cigarette électronique était « 95 % moins nocive que la cigarette combustible » ? Que vaut l’avis de ces milliers d’anciens fumeurs, en meilleure santé, qui ont réussi à se sevrer du tabac grâce au vapotage ? Et, surtout, que penser de ce discours très calibré dans la bouche de ces jeunes gens,  et dont les intonations peuvent rappeler les slogans des mouvements anti-vape ?

Ce qui est certain, c’est qu’il est plus facile de lire un post virulent de deux lignes sur les réseaux sociaux que de se fader les conclusions ennuyeuses d’une étude scientifique. De la même manière, il est plus commode de décréter d’emblée la vape coupable que d’attendre les résultats d’une enquête forcément compliquée quand elle concerne plus de 200 personnes (et deux décès suspects) à travers tout le pays. On vit une époque paresseuse, et ça, ça fait mal à la vape.