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Éco-responsabilité : un enjeu pour la filière vape

Avec 150 millions de flacons en plastique, des batteries et des appareils électroniques, le marché de l’e-cigarette ne peut ignorer son éco-responsabilité. Si les consommateurs comme les professionnels s’intéressent de près au recyclage, il faut encore compter sur quelques initiatives personnelles, alors que l’État a joué un funeste rôle en limitant la contenance des flacons à 10 ml.

Éco-responsabilité : un enjeu pour la filière vape

Que faites-vous de vos flacons vides et de vos accus épuisés ou de vos vieux modèles d’e-cigarettes ? Dans un marché aujourd’hui en pleine croissance et clairement installé, alors que la conscience écologique doit à juste titre piloter nos décisions, l’éco-responsabilité de la vape est un sujet important. La mise en application de la TPD (Tobacco Product Directive) le 1er janvier 2017 a considérablement gonflé le problème, en limitant les flacons d’e-liquides contenant de la nicotine à 10 ml, alors que l’on trouvait des jus de 20, 50 ou 100 ml auparavant. Et davantage de flacons en plastique, ce sont autant de déchets supplémentaires à gérer.

La directive européenne s’est par ailleurs accompagnée d’un lot d’avertissements à afficher sur les fioles, souvent bien trop petites pour arborer un tel niveau d’informations sur une simple étiquette. Le résultat ? Les flacons se voient pour la plupart suremballés dans une boîte en carton avec une notice, une hérésie écologique, même si le recyclage de ces éléments est mieux maîtrisé. Ce n’est en revanche pas le cas des fioles en elles-mêmes, du moins celles qui contiennent de la nicotine : elles sont alors « souillées » et ne doivent pas finir dans le bac jaune.

Les différents types de recyclage possibles

Les professionnels de la vape tout comme les consommateurs se retrouvent ainsi coincés dans un tri complexe. En boutique, si ces derniers apprécient souvent de repartir avec une boîte pour accompagner une série de fioles lors de leur premier achat, ils la refusent bien fréquemment par la suite – les emballages en carton s’accumulent ainsi dans l’arrière-boutique et il incombe aux professionnels de les stocker puis de les recycler. Par ailleurs, à l’instar de tous les commerces vendant du matériel électronique ainsi que des accumulateurs et des batteries, les shops sont tenus de proposer une solution de collecte. Il s’agit de la directive européenne 2002/96/CE portant sur la valorisation des DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques).

Concernant les flacons ayant contenu de la nicotine, qui arborent un pictogramme « nocif » ou « toxique », ils ne peuvent pas être recyclés. C’est d’autant plus dommage qu’il existe des moyens de collecte pour des produits hautement toxiques également conditionnés dans des bouteilles en PET, comme l’eau de Javel par exemple. La situation se complique pour les bouchons en polyéthylène haute densité (PEHD) ; s’ils n’ont pas été en contact avec la nicotine, ils peuvent en théorie être recyclés à 100 %. Recycler les clearomiseurs demande encore plus d’efforts : entièrement démontables, ils embarquent plusieurs matériaux différents. En théorie, le métal peut aller à la déchetterie tandis que le réservoir en Pyrex finira dans les déchets ménagers et les joints et drip-tips peuvent être collectés.

Accompagner le consommateur dans le recyclage

« Il y a une volonté et une énergie phénoménales dans la société française pour s’investir dans des modèles durables, écologiques, mais il y a un manque de moyens. On ne sait pas toujours comment agir, à son échelle ou plus globalement, pour avoir de bonnes pratiques. On est une filière jeune, mais on est à un moment de notre histoire où c’est la question à se poser », explique Jean Moiroud, président de la Fédération interprofessionnelle de la vape (Fivape), lors d’une conférence organisée sur le sujet lors du dernier Vapexpo de Nantes.

« C’est un peu anxiogène pour nous de savoir que l’on est à l’origine de la mise en vente d’un produit dangereux pour l’environnement, le plastique. Beaucoup de shops ne sont pas au courant », poursuit-il. Pour cette raison, l’initiative Vape Zéro Déchet a été orchestrée afin d’aider les professionnels à mieux recycler l’ensemble de ces éléments, en particulier les flacons contenant de la nicotine. Elle propose des bacs de collecte et aide les magasins à mieux aiguiller les consommateurs. Vous retrouverez également une carte interactive des différents points de collecte en France sur le site de l’association Ecologic France, et la Fivape s’organise pour épauler les shops soucieux de l’impact environnemental de l’e-cigarette.