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10 ans de vape au Royaume-Uni : une étude fait le point

On le sait, les pouvoirs publics britanniques figurent parmi les plus ouverts sur la question du vapotage. Un groupe parlementaire consacré à la lutte contre le tabagisme mène depuis 2010 une étude sur l’utilisation de la cigarette électronique. Les résultats viennent d’être rendus publics et offrent un formidable panorama sur les usages, l’impact et l’image de l’e-cigarette.

10 ans de vape au Royaume-Uni : une étude fait le point

À chaque pays sa propre politique en matière de vape. Si les États-Unis mènent une guerre ouverte contre la cigarette électronique, le Royaume-Uni, lui, privilégie depuis longtemps une approche positive. Rendez-vous annuel pour vanter les mérites du vapotage, campagne publicitaire et, même, ouverture de shops spécialisés dans l’enceinte de deux hôpitaux : pour les pouvoirs publics britanniques, l’e-cigarette est incontestablement la solution de sevrage tabagique la plus efficace à ce jour.

Une étude continue depuis 2010 sur l’impact de la vape

L’Action on Smoking and Health (ASH), un groupe parlementaire multipartite consacré à la lutte contre le tabagisme, vient de communiquer les résultats d’une grande enquête portant sur le vapotage au Royaume-Uni. Reconduite chaque année au printemps depuis 2010, cette étude est particulièrement intéressante dans le climat actuel de méfiance vis-à-vis de la vape. Elle offre un certain recul sur les apports et l’intérêt de l’e-cigarette, dans un pays où les pouvoirs publics l’intègrent dans leur politique de santé. Elle a également le mérite de mettre en lumière un vaste panorama d’usages, pour dresser un bilan très complet de l’état actuel du vapotage.

Premier constat : le nombre de fumeurs a baissé de 5,4 %

Première raison de se réjouir, le nombre de fumeurs aurait diminué de 5,4 % entre 2011 et 2018, au Royaume-Uni. En 2018, 14,4 % des adultes étaient des fumeurs, contre contre 14,9 % en 2017 et 19,8 % en 2011. Cela représente 1 800 000 fumeurs de moins en sept ans : ils sont aujourd’hui 5,9 millions, contre 7,7 millions au début de l’enquête.

Les rapporteurs de l’étude précisent toutefois que cette baisse n’est pas imputable exclusivement à l’essor de la cigarette électronique, mais aussi aux différentes mesures adoptées dans le cadre de la lutte contre le tabac. Malgré tout, d’autres signaux forts montrent plus clairement le rôle de la vape dans ces bons résultats.

Un taux de réussite en progression constante

Au Royaume-Uni, 7,1 % de la population utilise la cigarette électronique, soit 3,6 millions de personnes. Parmi elles, 54,1 % auraient réussi à arrêter définitivement la cigarette, contre 39,8 % qui continuent de fumer en parallèle (les « vapo-fumeurs »).

Mais on assiste depuis 2014 à un basculement entre ces deux catégories. En 2014, seuls 33 % des vapoteurs avaient réussi à arrêter la cigarette classique, contre 65,1 % qui continuaient de fumer en parallèle. Depuis 2016, il y a davantage d’ex-fumeurs grâce à l’e-cigarette au Royaume-Uni. Si l’on se maintient sur le même rythme, la vape aura permis en 2020 à près de 60 % de ceux qui l’ont essayée de rompre avec le tabagisme.

L’étude montre toutefois que 6,1 % des utilisateurs n’ont jamais fumé de tabac. Un chiffre en hausse depuis 2016, où ils n’étaient que 1,8 %. Mais seuls 25 % d’entre eux vapoteraient quotidiennement (à 73 % « pour essayer » et à 13 % « parce qu’ils aiment l’expérience ») et un tiers consommeraient des e-liquides sans nicotine. 

Les motivations et l’équipement

Tous ces ex-fumeurs aujourd’hui adeptes de la vape auraient commencé à 31 % pour arrêter de fumer et à 20 % pour se tenir à l’écart du tabac, et ainsi consolider un arrêt en amont. Ceux qui pratiquent un usage « hybride » indiquent à 21 % qu’ils désirent réduire leur consommation et à 16 % leurs dépenses. 

Du côté de l’équipement, ce sont toujours les e-cigarettes avec un réservoir rechargeable (clearomiseurs et atomiseurs) qui figurent en tête, avec 77 % du marché. Leur part diminue toutefois de 6 % par rapport à l’année dernière, un chiffre à mettre en corrélation avec l’augmentation des pods (+ 4,24 %). Dans ce dernier groupe, 18 % utilisent des produits Vype (British American Tobacco), 15 % des Blu (Imperial Brands), 11 % des Logic (Japan Tobacco) et 6 % des Juul, lancées en 2018.

À propos des e-liquides, 64 % des utilisateurs choisissent des produits avec un taux de nicotine compris entre 1 et 12 mg/ml et 24 % entre 13 et 20 mg/ml. 48 % d’entre eux ont conservé le même dosage depuis le début, 44 % l’ont baissé et 6 % l’ont augmenté.

Concernant les arômes, on assiste à une baisse significative des e-liquides au goût tabac, qui occupaient auparavant la première place : alors qu’ils représentaient 38 % du marché en 2015, ils ne sont plus qu’à 25 %. Effet inverse pour les saveurs fruitées, qui sont passées de 25 % en 2015 à 31 % aujourd’hui. Même phénomène pour les e-liquides gourmands, qui sont passés de 10 à 13 % au cours de la même période. 

Améliorer encore l’image de la vape

L’étude s’intéresse également aux fumeurs qui refusent de passer à la vape. 16 % d’entre eux ne souhaitent pas « remplacer une dépendance par une autre », 12 % déclarent « ne pas être dépendants du tabac et ne pas avoir besoin d’aide pour arrêter » et 11 % disent « ne pas connaître suffisamment le produit ».

Dans l’ensemble, le vapotage doit encore améliorer son image et lever les réticences. 9 % des sondés pensent que « l’e-cigarette ne les aiderait pas », 9 % « qu’elle n’est pas suffisamment saine » et 8 % « qu’elle coûte trop cher ». D’autres raisons sont avancées, comme « la gêne à les utiliser en public » ou « leur look »

Plus étonnant, l’étude montre que 26 % des adultes jugent le vapotage « plus ou aussi nocif que le tabagisme » en 2019, contre 7 % en 2013. La part des gens convaincus qu’il est « moins ou nettement moins nocif que le tabac » continue d’être plus élevée (46 %), mais le phénomène est surprenant pour un pays qui promeut autant la cigarette électronique. Les fumeurs qui vapent pensent à 71 % que l’e-cigarette est moins nocive et le pourcentage augmente même à 83 % chez les ex-fumeurs. 

 

En résumé, nous retiendrons de cette étude les enseignements suivants : 

  • le nombre de fumeurs a baissé de 5,4 % entre 2011 et 2018, alors que le nombre de vapoteurs a triplé pour concerner 7,1 % de la population britannique ;
  • parmi les vapoteurs, il y a depuis 2017 davantage d’ex-fumeurs que de « vapo-fumeurs » ;
  • le taux de réussite de la vape est donc incontestable, avec 54,1 % d’utilisateurs qui ont définitivement abandonné la cigarette. À ce rythme, ils seront près de 60 % en 2020 ;
  • ce sont toujours les clearomiseurs et atomiseurs qui raflent l’essentiel du marché, à 77 %, mais les pods connaissent une certain engouement. C’est d’ailleurs un segment de marché dans lequel les cigarettiers sont déjà bien implantés ;
  • les e-liquides aux saveurs fruitées ont la préférence des utilisateurs, ce qui laisse entrevoir les conséquences pour les États américains qui les ont interdits ;
  • mais l’e-cigarette demeure encore incomprise, et même jugée nocive par 26 % de la population adulte britannique.

Source : Action on Smoking and Health