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Étude : la vape éloigne les ados américains du tabac

Une large analyse sur 20 ans du tabagisme chez les adolescents américains démontre qu’il n’y a pas « d’effet passerelle » entre la vape et la cigarette. Au contraire : la vape aurait tendance à soustraire les jeunes à la tentation du tabac.

Étude : la vape éloigne les ados américains du tabac

Parue le 25 avril dernier dans la revue Addiction, une étude montre que le vapotage a largement participé à réduire la consommation de tabac chez les adolescents, aux États-Unis. Cités par notre confrère Philippe Poirson, les travaux des docteures Arielle Selya et Floe Foxon (photo), de l’Institut Sanford Research, reposent sur 20 ans de données. Elles démontrent qu’entre 1999 et 2018, le tabagisme des Américains âgés de 12 à 17 ans est passé de 12 % à moins de 1 %. Et la baisse s’est encore accélérée avec l’apparition du vapotage, vers 2009.

Moins de 1% de fumeurs de cigarettes, chez les ados américains

Les chiffres proviennent de l’enquête nationale annuelle sur le tabagisme chez les jeunes (NYTS, National Youth Tobacco Survey) publiée par le CDC. Chaque année, 12 500 à 31 000 adolescents de 12 à 17 ans sont interrogés sur leur éventuelle consommation de tabac et de vapotage. Les chercheurs considèrent comme “usagers” les jeunes qui ont consommé au moins 100 cigarettes ou vapoté au moins 100 jours dans leur vie. Un seuil plus réaliste que celui des études qui considèrent indifféremment toute tentative, ce qui a tendance à fausser les résultats.

Les deux docteures ont ainsi comparé le taux de fumeurs, de vapoteurs et de vapo-fumeurs au fil des années. Concernant l’utilisation de cigarettes, cette part est passée de 12 % en 1999 à 7 % en 2006, 5 % en 2010 et moins de 1 % en 2018. Les vapoteurs exclusifs ont été comptabilisés à partir de 2009, date considérée comme celle de l’introduction de l’e-cigarette aux États-Unis. En 2015, un peu plus de 1 % des jeunes âgés de 12 à 17 ans vapotaient, contre 1,5 % en 2018. Enfin, les vapo-fumeurs sont près de 0,8 % en 2018. 

(c) Vapolitique

En superposant les courbes tendancielles, on remarque nettement un infléchissement du nombre de fumeurs de cigarettes au moment où le nombre de vapoteurs augmente le plus significativement chez les ados américains. Et, en additionnant les différents types d’usages, on constate que le taux de consommation global de nicotine ne cesse de décroître, après l’arrivée du vapotage. De quoi tordre le cou au prétendu « effet passerelle », cette théorie largement répandue chez les détracteurs de la vape. 

« L’examen de la consommation de nicotine des adolescents montre que l’apparition du vapotage ne semble pas avoir augmenté la prévalence totale des adolescents consommateurs de nicotine, ni servi de passerelle vers la consommation de cigarettes. En fait, les résultats sont plus cohérents avec un effet de détournement des adolescents de la consommation de cigarettes par le vapotage », expliquent les deux docteures.

Une projection contre-factuelle qui confirme l’intérêt de la vape

Autre intérêt de cette étude : les Dre Arielle Selya et Floe Foxon ont calculé la courbe contre-factuelle, correspondant à l’évolution théorique du tabagisme si la vape n’était pas apparue. Et, dans ce cas, elles établissent que 2,5 % des ados américains en plus seraient devenus des nouveaux fumeurs de cigarettes (de 0,5 % à 4,5 %, selon les estimations). 

Philippe Poirson l’indique dans sa lecture de cette étude : « Un point fort […] en plus du nombre d’années prises en compte dans l’évaluation, est de présenter le calcul de la situation contre-factuelle. Cette projection réduit de facto à néant les études biaisées prétendant illustrer la théorie fumeuse de l’effet passerelle vers le tabagisme du vapotage. »

Dernier motif de satisfaction à puiser dans cette étude, l’âge d’initiation aux cigarettes augmente depuis l’apparition de la vape. La première expérience était vécue en moyenne à 11 ans en 1999, contre 12 ans en 2018. Concernant le vapotage, cette donnée reste stable depuis 2009, autour de la treizième année.