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E-Cigarette Summit UK 2021 : le point sur les débats

Grand rendez-vous annuel dédié aux recherches scientifiques autour de la vape, l’E-Cigarette Summit UK 2021 vient de se tenir virtuellement. Faisons le point sur les conférences les plus marquantes.

E-Cigarette Summit UK 2021 : le point sur les débats

Depuis 2013, l’E-Cigarette Summit UK est le rendez-vous privilégié des échanges scientifiques autour de la vape. Des chercheurs du monde entier, mais aussi des législateurs et des professionnels de la santé y présentent leurs travaux et viennent s’informer des dernières avancées. Organisée virtuellement cette année, l’édition 2021 fut, une fois encore, riche en échanges. Retour sur les principales conférences qui s’y sont tenues.

Le rôle de l’OMS dans les choix antivape

Le rendez-vous s’est ouvert par une conférence du professeur Robert Beaglehole, de l’Université d’Auckland. Ancien consultant auprès de l’Organisation mondiale de la santé durant plusieurs décennies, il porte aujourd’hui un regard très critique sur l’institution internationale et sa politique antitabac. « L’ennemi, ce sont les substances toxiques du tabac brûlé, pas la nicotine, rappelle-t-il. L’OMS s’est égarée dans le domaine de la lutte antitabac », ajoute-t-il en parlant de la « fossilisation » de l’OMS dans sa guerre contre la nicotine.

Pour Beaglehole, on doit cet « égarement » à l’influence du milliardaire américain Michael Bloomberg, grand lobbyiste antivape. « L’ingrédient manquant dans la stratégie de l’OMS, c’est la réduction des risques, conclut-il. Les pays qui l’ont adoptée abaissent rapidement les taux de tabagisme. Nous pouvons tirer des leçons de la pandémie de Covid-19 : nous avons besoin d’une réponse mondiale coordonnée avec des preuves solides et indépendantes, une politique fondée sur la science et une discussion transparente sur les risques et le suivi des progrès. »

Les chercheurs doivent se départir de leurs préjugés

Le professeur Marcus Munafò, de l’Université de Bristol, a ensuite mis en avant la nécessité de « dépolariser les recherches sur les cigarettes électroniques ». Selon lui, la première décennie de travaux scientifiques autour de la vape a été marquée par une « logique de fronts opposés ». En clair, des équipes ayant déjà des préjugés pro ou antivape, souvent inconscients, et qui ne chercheraient qu’à valider leurs thèses.

« Ce qui est dans l’intérêt de la carrière d’un scientifique ne l’est pas toujours dans l’intérêt de la science, résume Marcus Munafò. Les universitaires sont incités à publier des recherches et à obtenir des financements… mais pas toujours à avoir raison ». Selon lui, la solution pour les chercheurs consiste à « garder leurs préjugés à l’esprit, en évitant de rester dans une bulle avec ceux qui partagent une opinion similaire, et en respectant ceux qui expriment des incertitudes. »

L’efficacité de l’e-cigarette

Dans une autre conférence, Jamie Hartman Boyce, du Cochrane Tobacco Addiction Group, revient sur sa revue annuelle d’études consacrée à l’efficacité de la vape. Menée depuis 2014, elle constitue une précieuse somme de travaux pour embrasser une vue d’ensemble sur les connaissances scientifiques autour de l’e-cigarette. Cet institut indépendant compare notamment la vape à d’autres produits de substitution (gomme, patchs, sprays, pastilles, etc.). « À ce jour, il existe une certitude modérée que la vape est efficace pour le sevrage tabagique, mais ce degré modéré n’est dû qu’au nombre encore limité d’études sur le sujet », indique Jamie Hartman Boyce.

Si « aucun effet indésirable du vapotage n’est apparu au cours des études, rappelle-t-elle, la perception du danger de la vape a augmenté auprès du public, même si les preuves scientifiques allaient dans le sens inverse ». Pour la chercheuse, « c’est vraiment un problème, cela signifie que quelque chose ne fonctionne pas. Les résultats de la recherche financée par des fonds publics n’atteignent pas le public qui la paie ». En cause, selon elle, des informations contradictoires, qui font oublier que « le vrai problème c’est le tabagisme et les décès qu’il provoque. Chaque fois que nous parlons de cigarettes électroniques, et surtout lorsque nous évoquons de nouvelles preuves, conclut-elle, nous devons parler des dommages causés par le tabagisme. »

Il n’existe pas d’effet passerelle

Tenue par Martin Jarvis, professeur émérite de l’University College of London, une autre conférence évoque la question du vapotage chez les mineurs. Selon lui, il « n’existe aucune preuve d’un effet passerelle ; l’essor de l’e-cigarette a, au contraire, contribué à une diminution sans précédent du tabagisme chez les mineurs ». Il évoque notamment le rôle que joue la vape chez certains mineurs ayant une propension aux comportements à risque. En s’appuyant sur de nombreuses études, il souligne que « les cigarettes électroniques remplacent les cigarettes combustibles chez des jeunes » et que les interdire reviendrait à les exposer au risque de fumer. Pour autant, rappelons que la vente de produits de vapotage auprès de cette population reste strictement interdite en France.