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Didier Gonin : le buraliste, la vape et les bonnes pratiques

Plus que jamais, les lignes bougent. La preuve avec Didier Gonin, buraliste converti à la vape et à la réduction des risques, et qui s’est mis en tête de « fédérer autour des bons process ».

Didier Gonin : le buraliste, la vape et les bonnes pratiques

Hier un petit rade. Aujourd’hui pas moins de trois établissements. L’adresse : 38, avenue Roger-Salengro, à Villeurbanne. À côté du bar-tabac le Galline, on trouve désormais un vape shop, le Cercle de la vap by le Galline, et LGF Formations, centre dédié aux métiers de la vape. C’est là l’œuvre de Didier Gonin, entrepreneur débordant d’enthousiasme dont le sourire amical dissimule une détermination sans faille. « Quand j’ai repris le bar-tabac il y a quatre ans, se remémore-t-il, je me suis dit : s’il doit y avoir un buraliste ici, autant que ce soit moi. »

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ? Parce que lui se voit davantage comme un commerçant que comme un débitant de tabac. Tourné vers l’autre, guidé par l’empathie. Là est tout la différence. Un trait de caractère sans doute hérité de sa famille. Son arrière-grand-mère, déjà, tenait un bar. Elle y cachait des Juifs pendant l’Occupation, rappelle-t-il. Quant à son grand-père, avant de quitter ce monde, il avait demandé à Didier de lui faire cette promesse : « être un bon commerçant, comme lui, fédérer et donner envie aux gens de croire au commerce de proximité ». « Je tiendrai ma promesse jusqu’au bout », assure Didier.

Bien sûr, les puristes ne manqueront pas de poser LA question : comment peut-on faire preuve d’empathie et vendre du poison ? Didier Gonin l’affirme avec force : « Je refuse d’être considéré comme un vendeur de mort. Au contraire, je me dis que mes clients ont peut-être de la chance d’avoir quelqu’un comme moi, qui puisse leur transmettre les bonnes informations et les emmener vers le bien ». En l’occurrence, la réduction des risques. Car si Didier a repris un bar-tabac, il a aussi ouvert un vape shop trois ans plus tard puis, tout récemment, un centre de formation. En fin de compte, un cheminement pas si étonnant…

Une formidable possibilité de sortir du tabac

Ce parcours s’inscrit dans la suite logique de ses années passées chez McDonald’s. Une expérience qu’il décrit comme « une école militaire » où il a tout appris, « la gestion des stocks, des matières premières, des employés, les RH, la formation aux nouveaux process ». Bref, tout le bagage nécessaire pour se mettre à son compte car il manquait quelque chose d’essentiel à Didier. « J’ai adoré cette période, mais McDo, c’était trop global, trop industriel par rapport à mes convictions profondes, la personnalisation auprès du client », raconte-t-il. D’où la reprise ce bar-tabac, le Galline. « Au début, je ne faisais pas de vape. C’est un ami à moi qui m’a mis à la vape avant que je le propose en magasin. Ça a été pour moi une formidable possibilité de sortir du tabac. Et je me suis dit : si on m’a aidé, pourquoi ne pas aider les autres à mon tour ? C’est dans cet état d’esprit qu’on a créé un corner, un espace dédié à la vape », précise Didier.


« Si on m’a aidé, pourquoi ne pas aider les autres à mon tour ? »


Vient alors l’heure du grand ménage. « J’ai enlevé les bonbons, les blunts, tout ce qui était annexe aux produits pipiers, et j’ai décidé de n’être que bar à vape et tabac, pour proposer une offre vraiment précise qu’on ne trouverait nulle part ailleurs dans un bar-tabac, raconte le jeune entrepreneur. On a créé le site legalline.fr avec un système de prise de rendez-vous. Il y avait une personne dédiée de 16 h à 19 h pour le suivi clientèle. Parce que pour moi, vendre de la vape, c’est pas comme distribuer un paquet de cigarettes au comptoir ; c’est de l’attention, de l’information, de la précision, la volonté d’aider l’autre. On octroyait à chaque client entre trois quarts d’heure et une heure pour faire le tour de ses habitudes et le guider de la façon la plus correcte vers la réduction des risques. C’est là qu’on a commencé à bosser avec Enovap. »

Talkie-walkie entre bar-tabac et vape shop

Puis, de simple corner, cet espace dévolu aux produits de vapotage est devenu une boutique à part entière : le Cercle de la vap by le Galline. Un univers propre, avec son logo, sa charte graphique, son ambiance… Ce qui, d’ailleurs, vaut à Didier d’être récompensé dans le cadre du concours « Buralistes stories », organisé par la Confédération.

Antonella responsable du vape shop et de la formation.    Jonathan, qui tient le bar-tabac.

Antonella, responsable du vape shop et de la formation chez LGF, et Jonathan, qui tient le bar-tabac.

Petite anecdote : les deux établissements, bar-tabac et vape shop, fonctionnent à l’aide de talkies-walkies. « Quand un client manifeste le désir d’arrêter de fumer, Jonathan, qui est responsable du Galline, contacte Antonella (dans le vape shop, ndlr) par talkie. Elle accueille le client avec un café et le prend en charge », raconte Didier. Et pas question, vous l’aurez compris, de lui vendre n’importe quoi, juste pour faire du chiffre. Quand par exemple Didier ou Antonella voient débarquer un primo désemparé parce qu’un confrère, voire un vape shop, lui a refourgué un TFV16 et une fiole de liquide en 3 mg, ils savent qu’il reste tout à faire pour aider le client à se sortir du tabagisme. L’écouter, lui donner les bonnes informations.  Et, surtout, lui proposer le matériel adéquat pour augmenter ses chances de réussite sur la voie du sevrage. En somme, corriger le tir en l’accompagnant du mieux possible.

Cercle de la vap Didier GoninCercle de la vap Didier Gonin

Didier Gonin pourrait s’arrêter là, se contenter de gérer les deux établissements. Mais il va plus loin, comme le lui dictent sa passion et ses convictions. « Un jour, mon voisin boulanger, qui a 130 m², vient me voir en me disant : je déménage à 50 mètres, est-ce que ça t’intéresse ? » Bien sûr que ça l’intéresse, et c’est ainsi que va naître LGF Formations. Un établissement ouvert à tous… pour peu qu’on soit guidé par des intentions louables.

« Des confrères sont venus me voir en me disant : c’est bien la vape, apprends-moi à faire de la marge. Je leur ai répondu : non, je ne vais pas t’apprendre ça, je ne suis pas un opportuniste, je suis guidé par la passion. Ici, on forme des gens qui sont engagés et qui ont envie d’aider leurs clients. Là où j’ai envie de taper du poing sur la table, c’est quand j’entends ma profession dire que la vape est une opportunité financière. Je ne peux pas entendre ça. La vape, c’est surtout une incroyable solution pour sortir les gens de la merde. » D’où l’entretien préalable, comme le précise Antonella, responsable de la formation, qui permet de faire le tri parmi les candidats et de jauger leurs véritables motivations.

Un programme élaboré avec des experts

Quant à la formation proprement dite, elle donne à chaque « apprenant » les moyens de se familiariser avec les technologies de la vape et d’être en mesure de délivrer les bonnes informations. « En termes de contenu, on a décidé d’un commun accord, quel que soit le niveau, de balayer l’ensemble du programme. Simplement, on adapte la complexité du contenu au niveau de la personne. Même un débutant doit comprendre l’incidence d’un liquide, les plages de wattage, le réglage, les tirages, comment on peut avec l’aromatique compenser une perte de hit par rapport à la nicotine sur une trachée irritée… », précise Antonella.

LGF formations

Un programme qui a toute sa légitimité. « Ce contenu a été relu, complété, avec un croisement des informations par plusieurs spécialistes dont des docteurs en chimie, des fabricants de jus… Il était important d’avoir les différents sons de cloche, et d’établir une sorte de médiane, même si ce n’est pas la vérité absolue. 18 mg pour un primo, ce n’est pas la vérité absolue. Une addiction ne se constitue pas que sur la nicotine elle est psychologique, sociale… »


« On forme des gens qui sont engagés et qui ont envie d’aider leurs clients »


Quant aux moyens, LGF Formations peut compter sur ses partenaires, dix-neuf à ce jour. Des cigarettiers, mais aussi des marques de vape comme Exaliquid, Liquidarom, Le French Liquide (Lips), Lovap, Innokin, Enovap, Laboravap et KMLS Pro. « Grâce à eux, on a tout le matériel disponible, tout type de cigarettes électroniques et de liquide pour pouvoir faire des manipulations réelles. ».

LGF formations vape

Côté humain, l’équipe ne manque pas de ressources. Le centre de formation étant encore jeune, les choses sont en train de se mettre en place, mais, d’ores et déjà, Didier et Antonella peuvent s’appuyer sur des experts pour le contenu pédagogique. « On a un intervenant sur le CBD ; on a Michel Argouet  (Exaliquid) qui va venir pour les liquides ; nos partenaires comme Laboravape ou Renaud, docteur en chimie chez Lips, qui nous apporte des compléments d’information sur l’acide lactique, parce qu’il est important d’aller dans le détail et de voir comment ça fonctionne au niveau des différents types de nicotine ». De quoi apporter du crédit au projet développé par Didier et Antonella avec le concours de Jonathan.

On ne plaisante pas avec les règles sanitaires

Enfin, qui dit réduction des risques dit aussi réduction des risques liés au Covid. « Toutes nos surfaces de travail sont traitées antimicrobien et antivirus et nos établissements sont tous équipés d’une armoire UV antivirus, assure Didier. On a également un process précis pour le lavage des mains, pour démonter un clearomiseur, pour désinfecter le matériel à la fin. Et quand on rentre un appareil devant les clients, il est désinfecté avec l’Aseptivape de Michel (Argouet, ndlr). »

À voir ce projet prendre forme, après deux ans de développement, Didier repense avec un petit sourire au coin de la bouche à ses pérégrinations dans les allées du Vapexpo. Il est loin le temps où il avait l’impression d’être « un pestiféré au milieu de tous ces barbus » prêts à étriper le premier buraliste venu. Aujourd’hui, plus question d’évoluer à la marge, il se sent à sa place et lui aussi milite pour la vape et les bonnes pratiques.

 


Au programme chez LGF

Les sessions spécifiquement consacrées à la vape sont organisées en trois niveaux : débutant, intermédiaire et confirmé. Par ailleurs, LGF Formations propose également des sessions liées au management et au marketing digital. La capacité d’accueil est de 8 personnes.

Vape niveau 1

Initiation aux technologies de la vape ; orientation du primo-vapoteur en sevrage tabagique ; identification d’un problème SAV simple ; conseil au client sur le choix du liquide ; construction d’une
gamme de produits.

Vape niveau 2

Approfondissement sur les technologies de la vape ; structuration d’un rendez-vous client ; construction d’un argumentaire commercial adapté ; organisation d’une zone de chalandise ; réalisation d’un SAV poussé.

Vape niveau 3

RBA et mod méca ; chimie des liquides ; aromatique ; addictologie ; positionnement sociologique des acteurs et consommateurs vape.