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Covid : non, la vape n’augmente pas les risques !

En août dernier, des chercheurs américains publiaient une étude controversée. Selon eux, vapotage et tabagisme augmenteraient considérablement le risque de contracter le Covid-19. Des experts ont réagi en soulignant des incohérences notables. Au point que les auteurs de l’étude admettent aujourd’hui l’absence de « relation de causalité » et, même, de « plausibilité biologique ».

Covid : non, la vape n’augmente pas les risques !

Il aura fallu près de six mois pour rétablir une vérité scientifique. Le 11 août dernier, le Journal of Adolescent Health publiait l’étude de trois chercheurs de l’Université de Stanford associant vape et Covid-19. Leurs conclusions étaient les suivantes : « La positivité au Covid-19 est cinq fois plus probable chez les utilisateurs exclusifs d’e-cigarettes, et sept fois plus probable chez ceux qui vapotent et fument à la fois. »

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs américains avaient interrogé 4 351 adolescents et jeunes adultes, âgés de 13 à 24 ans. D’après leur sondage, les vapo-fumeurs auraient « 4,7 fois plus de chances de ressentir les symptômes du Covid-19 […] contre 1,6 fois pour ceux qui ne respectent pas le confinement [mais ne vapent pas et ne fument pas] »

Un appel à interdire temporairement la vente de cigarettes électroniques

En conclusion, les auteurs de l’étude invitaient les professionnels de santé à « interroger les jeunes infectés par le Covid sur leurs antécédents en matière de vape ». Mais aussi à faire en sorte que « les parents et les écoles aident les jeunes à en apprendre davantage sur la façon dont les cigarettes électroniques et le double usage affectent le système respiratoire et immunitaire ». Ils appelaient même « la Food & Drug Administration (FDA) à réglementer efficacement les cigarettes électroniques pendant la pandémie ». Rien que ça.

Le pire, c’est que leur appel a été entendu ! Raja Krishnamoorthi, un élu américain de la Chambre des représentants, s’est appuyé sur cette étude pour réclamer à la FDA « l’interdiction temporaire de la vente de toutes les e-cigarettes durant l’épidémie de coronavirus ». Fort heureusement, la FDA a rejeté cet appel. Reste que le sujet a été largement médiatisé. 

Konstantinos Farsalinos : « Ce n’est pas plausible biologiquement »

De nombreux experts ont remis en cause la méthodologie et les conclusions de l’enquête. Le cardiologue Konstantinos Farsalinos, éminent défenseur de la vape, souligne plusieurs incohérences. Si l’on extrapole les résultats de l’étude, on découvre en effet que les simples « expérimentateurs » de la vape encouraient davantage de risques que les utilisateurs réguliers. « Ce n’est pas plausible biologiquement », écrit-il dans une lettre publiée par le même Journal of Adolescent Health.

Autre grief, la portée statistique est sujette à caution. Là encore, si l’on extrapole les résultats, cela signifierait que seuls 3 à 5 cas positifs au Covid-19 auraient été identifiés dans chaque groupe de vapoteurs (sur 2 184 utilisateurs). Un chiffre insuffisant, selon d’autres scientifiques, pour que l’étude soit prise en compte. 

Les auteurs de l’étude sur le lien entre vapotage et Covid admettent des biais 

Aux quatre lettres adressées par des experts, les chercheurs répondent aujourd’hui. Ils commencent par relativiser les conclusions de leurs propres recherches. « Notre bref rapport visait à délivrer des résultats préliminaires, afin de susciter des discussions et d’encourager d’autres recherches liées à la pandémie de Covid-19. »

Après être revenu sur leur méthodologie, ils admettent que « leur étude n’implique pas in fine de causalité » [entre vapotage et Covid-19]. Ils ajoutent que « d’autres études sont nécessaires pour étendre et expliquer [leurs] recherches ». Ils admettent par ailleurs que l’un des signataires « a déjà été rémunéré pour des études en défaveur de la cigarette électronique », ce qui ajoute au discrédit. Les autres chercheurs ayant répondu à l’étude attendent désormais une contre-enquête, pour aboutir à des données plus réalistes.