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Covid-19 : la FDA propage des fake news sur la vape

Dans le contexte actuel de pandémie, les théories du complot fleurissent sur les réseaux sociaux. Mais lorsqu’elles émanent d’un organisme officiel chargé de la santé publique, on ne peut que s’indigner. La Food & Drug Administration (FDA) a ainsi affirmé que la vape pourrait avoir aggravé l’épidémie aux États-Unis et en Europe. Une accusation portée sans le moindre argument scientifique, et que des experts médicaux ont immédiatement dénoncée.

Covid-19 : la FDA propage des fake news sur la vape

Le 23 mars dernier, NBC recevait Jerome Adams (photo) sur le plateau du Today Show. Le chirurgien général des États-Unis et administrateur de la santé publique nommé par Donald Trump était venu répondre à des questions relatives à la propagation du coronavirus. Selon lui, le vapotage pourrait expliquer pourquoi de si nombreux jeunes courent un risque accru face au Covid-19. À New York, plus de 40 % des individus contaminés ont en effet entre 18 et 44 ans. « Certains éléments semblent l’indiquer, puisque nous avons une plus grande proportion de vapoteurs aux États-Unis et en Italie, déclare-t-il, mais nous ne savons pas si c’est la seule cause. »

De graves accusations dénuées de tout fondement scientifique

Une affirmation qui ne repose sur aucune preuve scientifique. Et immédiatement reprise par Bloomberg News, sous le titre « Le vapotage pourrait aggraver les risques de santé liés au virus, selon la FDA ». L’agence de presse aurait en effet échangé des e-mails avec Michael Felberbaum, porte-parole de la FDA, qui confirme la (fumeuse) théorie de Jerome Adams. « Les personnes ayant des problèmes de santé sous-jacents, comme des problèmes cardiaques ou pulmonaires, pourraient encourir un risque accru de complications graves du Covid-19, déclare-t-il, et cela inclut les personnes qui fument ou vapotent des produits contenant de la nicotine. »

Jerome Adams n’a jamais caché sa méfiance vis-à-vis de la vape. En décembre 2018, il rédigeait un rapport dans lequel il indiquait : « Nous savons que l’exposition à la nicotine durant l’adolescence peut nuire de façon irrémédiable au développement du cerveau des adolescents, avec un impact sur l’apprentissage, la mémoire et l’attention […] Nous savons également que l’idée selon laquelle la vapeur des cigarettes électroniques est inoffensive est un mythe. » Des propos qui avaient été repris tels quels par le Dr. Joneigh Khaldun, directrice médicale en chef du Michigan, pour justifier l’interdiction à la vente des e-liquides aromatisés dans l’État, le 3 septembre 2019. Il s’agissait du premier État américain à prononcer une telle interdiction.

« Si les communications de la FDA sont aussi mal conçues, il serait préférable qu’elle s’abstienne de tout commentaire »

Le procureur général de l’Iowa Tom Miller, soutenu par douze experts indépendants en santé publique, a adressé une lettre à la FDA pour contester le lien de causalité entre le Covid-19 et la vape. « Si les communications de la FDA sont aussi arbitraires et mal conçues, semant la peur et la confusion sans aucun fondement scientifique et avec des conséquences aussi imprévisibles, alors il serait préférable que la FDA et ses portes-paroles s’abstiennent de tout commentaire », écrivent-ils. 

« Il y a 12 millions de vapoteurs et 34 millions de fumeurs aux États-Unis, rappellent les auteurs. S’ils doivent recevoir des informations ayant des conséquences sur la vie ou la mort, en particulier durant cette période où pèsent de fortes pressions personnelles, ils méritent mieux qu’un simple e-mail d’un porte-parole de la FDA, adressé à un site d’actualités. Dès lors que le gouvernement fédéral entend donner des conseils, cela doit se faire à travers les sites web de la FDA et des CDC. » Et, surtout, en s’appuyant sur les avis de professionnels de santé reconnus et dignes de confiance, ajoutent les signataires du document.

« Il est vraisemblable que de nombreux vapoteurs adultes aient des problèmes de santé sous-jacents susceptibles d’augmenter leur vulnérabilité face à des symptômes sévères du Covid-19. Mais c’est parce que la plupart d’entre eux sont des anciens fumeurs, qui ont endommagé leur système cardiovasculaire et respiratoire après de nombreuses années de tabagisme. Ils sont devenus vapoteurs expressément pour réduire de tels risques ou soulager ces symptômes. Il est donc particulièrement important de leur prodiguer des conseils avec un grand soin. Sur quelle base la FDA s’appuie-t-elle pour décourager ces individus de vapoter, dans la mesure où la seule alternative serait pour eux de revenir au tabac ? » s’inquiètent les auteurs. Dans un tel contexte, les déclarations de la FDA apparaissent comme particulièrement irresponsables.