Êtes-vous un professionnel de la vape ?

Ce site est réservé aux professionnels de la vape

Au Canada, l’ACV plaide pour la vape aromatisée

Après une première interdiction des e-liquides aromatisés dans la province de Nouvelle-Écosse en avril dernier, l’Association canadienne du vapotage met en garde les pouvoirs publics contre la généralisation de cette mesure à l'ensemble du pays. En s’appuyant sur plusieurs études scientifiques, elle démontre qu'une telle politique favorise l'augmentation du tabagisme.

Au Canada, l’ACV plaide pour la vape aromatisée

Divisé en dix provinces administratives et trois territoires fédéraux, le Canada n’uniformise pas toujours ses décisions législatives à l’échelle du pays. C’est notamment le cas de la vente des e-liquides aromatisés, interdite depuis le 1er avril dernier en Nouvelle-Écosse. Combien de temps sera-t-elle encore autorisée ailleurs dans le pays ? L’Association canadienne du vapotage (ACV) monte aujourd’hui au créneau et démontre, étude à l’appui, que « l’interdiction des arômes conduit à une hausse de la consommation de tabac ».

Le bridage de la vape à San Francisco en (mauvais) exemple

L’ACV s’appuie en particulier sur les résultats de l’étude The Impact of a Comprehensive Tobacco Flavour Ban in San Francisco Among Young Adults, publiée ce mois-ci par le National Library of Medicine. Cette enquête avait pour but de mesurer les répercussions de l’interdiction de la vente d’e-liquides aromatisés à San Francisco, en vigueur depuis janvier 2019. Conduite auprès d’habitants ayant vapoté ou fumé entre décembre 2018 et novembre 2019, elle montre que si l’utilisation générale des e-cigarettes aromatisées a baissé (mais « seulement » de 57 % à 45 % pour les 18-24 ans, et de 56 % à 48 % pour les 25-34 ans, ce qui souligne au passage la persistance du marché noir et d’autres circuits de distribution), la consommation de cigarettes a, quant à elle, augmenté

Pour les rapporteurs de l’étude, « ces résultats indiquent qu’une interdiction globale des arômes ne peut pas à elle seule réduire fortement la disponibilité ni la consommation des produits du tabac aromatisés. Toutefois, les interdictions locales peuvent encore réduire l’usage de la vapoteuse […] mais pourraient aussi augmenter la consommation de cigarettes »

À la lumière de ces résultats, l’ACV entend alerter le gouvernement et les autorités de santé publique. Une interdiction des arômes risque, selon elle, de provoquer une augmentation du taux de tabagisme et des ventes sur le marché noir. Ce n’est pas la première fois que l’on reconnaît aux e-liquides aromatisés un rôle primordial dans la cessation tabagique. Dans une large enquête menée par les pouvoirs publics britanniques et portant sur l’analyse de dix ans de vapotage au Royaume-Uni, les saveurs fruitées apparaissaient comme les plus populaires, au détriment des e-liquides au goût tabac, et les plus porteuses de bons résultats. « C’est grâce aux arômes que le vapotage atteint des taux de succès élevés de cessation tabagique », indique l’ACV.

Le rôle des arômes dans la réussite du sevrage tabagique

L’ACV cite également le rapport Tobacco Product Use and Associated Factors Among Middle and Highschool Students, publié le 6 décembre dernier par les Centers for Disease Control (CDC), pour tordre le cou à l’idée d’une « porte d’entrée » de ces e-liquides aromatisés vers le tabac, chez les adolescents. « Selon cette étude, seulement 22,3 % des jeunes indiquent avoir vapoté “parce que les cigarettes électroniques contiennent des arômes tels que la menthe, les friandises, les fruits ou le chocolat”. La raison la plus commune chez les jeunes était la simple curiosité, indique l’association. La croissance de l’adoption du vapotage chez les jeunes au Canada est directement corrélée avec l’entrée sur le marché de produits à forte teneur en nicotine, développés par des sociétés associées ou financées par les cigarettiers tels que Juul et Vype. » En clair, ce ne sont pas les arômes qui conduiraient à une forme d’addiction, mais bien les taux élevés de nicotine directement imputables à l’industrie et au laxisme des pouvoirs publics.

Dernière étude brandie par l’ACV, les travaux de l’unité de recherche en pharmacologie de la faculté de médecine de l’Université John Hopkins démontrent que « l’ajout d’arômes dans les thérapies de substitution de la nicotine réduit les envies de fumer et augmente le taux de réussite » et « qu’aucun lien n’a été établi entre les arômes et une hausse dans le risque d’abus ». Si cette étude porte essentiellement sur les produits de sevrage autres que les e-cigarettes, l’ACV précise que ces résultats sont transposables à la vape. Avec un taux de succès encore plus élevé.

« Environ 90 % des vapoteurs adultes consomment des produits aromatisés, affirme l’association. Les fumeurs augmentent de 83 % leurs chances de réussite de sevrage tabagique avec l’utilisation de la vape comparé aux autres méthodes de cessation. Les données ont démontré de façon concluante que l’interdiction des arômes rendrait un mauvais service à la santé publique puisqu’une telle interdiction entraîne une augmentation des taux de tabagisme ainsi qu’une augmentation des produits non-réglementés sur le marché noir. » Des résultats qui visent en particulier à mettre en garde les autres provinces canadiennes contre une généralisation des mesures appliquées en Nouvelle-Écosse.